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« Je l'ai dans la peau » [Zess&Demyan]

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Ven 15 Jan - 23:55
Il y avait des soirs où Demyan avait envie de se pincer très fort même s’il savait qu’on ne pouvait pas fuir les cauchemars éveillés. Le mental, tourné contre lui-même, est une arme autodestructrice. Ainsi, le jeune russe avait beau tenté de se raisonner au fil du temps et des années, chaque jour était un clou de plus dans ses paumes, lui qui se crucifiait, impuissant, sur le gibet des toxicomanes. À force de s’entourer des déchets, on se sent comme tel.

Le blond gravit lentement les marches de la bâtisse, une construction insalubre de plus entassée entre autant d’autres. Le quartier pauvre d’Hiroshima respirait la misère et son lot d’histoires pénibles. À sa peau, le barman sentait comme s’enrouler la bassesse qui flottait, sans couleur ni odeur, dans les rues de ce taudis. Vivre ici, c’était mourir sans histoire. Dans l’appartement du troisième, l’air était opaque de boucane et les murs suintants de substances qu’il ne souhaitait pas connaître. Ses paupières se plissèrent sur ses billes d’ambres agressées par la fumée épaisse.

« Oy, oy ! clama une voix rêche. Ce serait pas toi l’russe dont Tashima m’a parlé ? » Un mec surgit sur sa droite, lui envoyant une tape solide dans le dos qui manqua de le faire s’étaler sur le sol. « Elle a dit que tu cherchais… des p’tits bonbons ? » Demyan leva la tête vers le japonais, interdit. Le blond avait vu passer plusieurs revendeurs dans son entourage mais jamais il n’était remonté si haut dans la chaîne de production. La drogue ne pousse pas dans les arbres. Mais ce mec, là, devant lui, en avait les semences au bout des doigts. Le planificateur, l’excécuteur. Il était grand, baraqué, tatoué de la tête au pied et, disons le franchement, vachement pas rassurant. La gueule du métier.

« Oy, t’es muet ou quoi ? Allez, viens, l’incita le dealer en le poussant dans la pièce d’à côté. T’as sonné à la bonne porte mon mignon, j’vais te faire goûter le meilleur stuff de tout Hiroshima ! Mais avant… on trinque, on trinque pour le nouveau client ! » Le japonais fit un signe à un des hommes derrière le comptoir de ce qui pouvait s’apparenter à une cuisine complètement bousillée et on lui apporta une bière décapsulée. « Bois, bois ! » Demyan avait déjà la tête qui tournait. Le petit manège du grand jack l’étourdissait, la boucane aussi. Mais on ne disait pas non à ce genre de personne. Il porta le goulot à ses lèvres, jetant un coup d’œil par-dessus la bouteille pour s’assurer que le vendeur était satisfait. Un sourire carnassier étira sa large bouche. Safe.

« Ok, viens j’te présente la crew. Demyan ton nom, c’est ça ? Dem, moi j’te le dis, on va bien s’entendre si tu m’écoutes comme ça, t’as l’air d’un bon gars. » Tapes sur l’épaule. Le blond manqua s’étouffer avec sa gorgée de bière, se rattrapa en passant la manche de son sweat sur son visage. Putain, qu’est-ce qu’il foutait ici ? Ce ne ressemblait en rien à ce qu’il avait déjà connu. Quelques secondes passée dans ce trou à rat donnait envie de se barrer à toutes jambes. Mais la main solide et nerveuse du dealer restait posée tantôt entre ses omoplates, tantôt dans le creux de ses reins, l’empêchant de faire marche arrière plus qu’elle ne le guidait dans l’appartement.

Demyan eût tout juste le temps de capter le regard d’un homme affalé contre le mur avant de rentrer dans la pièce adjacente. Un regard vide, un corps fatigué, vouté comme celui d’un vieillard sur la seringue plantée dans son bras rachitique. On aurait dit un cadavre. Mais il était juste ailleurs, abîmé dans la liqueur qui coulait dans ses veines. Une sueur froide descendit sur son échine.
« J’ai… commença-t-il
- Quoi, quoi ? Qu’est-ce que t’as Dem, mon ami, oh, qu’est-ce que t’as ? On est potes, dis moi, on est potes hein ? Tu peux m’dire ce que tu veux mon mignon, attend juste quelques secondes, je te montre tes bonbons. HEY, AKI ! Apporte la commande à notre ami ! »

La main appuya plus fort dans le creux de ses reins en le sentant se tendre. Le dealer ne le regarda pas, mais son regard changea imperceptiblement. Il s’amusait visiblement. À dominer, à se faire écouter, à en imposer. Demyan se sentait ridiculement petit. Il attrapa malhabilement le sac de pastilles colorées que le mec qu’il soupçonnait être ce fameux Aki lui balança en venant vers eux.

« Merci… je vais te payer maintenant, je dois parti-…
- Oh, eh, Demyan, mais non, me payes pas maintenant ! insista le japonais en agrippant solidement une de ses clavicules dans sa main. On est amis, les amis ça se rend service. Allez bois, tu dois avoir soif ! Tu vas rester un peu avec nous, j’ai d’autres bonbons vraiment super. Tu dois goûter à ça.
- Non. »

Les quelques inconnus qui bavardaient, fumaient, ricanaient dans la pièce baissèrent légèrement le volume pour les regarder. Non ? On ne dit pas non à ce genre de personne. Demyan sentit son rythme cardiaque exploser. Celui qui dit que le sixième sens n’existe pas est un sale menteur. Le danger venait de le frapper en plein thorax avec une violence insolente. Il étouffait.

« Je veux dire… c’est gentil mais… je dois vraiment partir… bredouilla-t-il en cherchant la porte du regard
- Eh le mignon, t’as l’air habitué de t’enfiler des petits cachets mais t’as pas l’air de vraiment connaître les règles de la rue. Assis-toi, je vais t’expliquer. Non, eh, relax Demyan, mon pote, oh, haha ! Me regarde pas comme ça, on dirait que tu vas te pisser dessus ! Tout doux l’jeune, on va parler, les amis ça parlent comme ça entre eux hein ? Toi, moi, on cause. »

La voix du vendeur s’assombrit drastiquement sur le dernier mot et on le poussa plus qu’on ne l’incita à s’assoir sur une des chaises près du mur. Oh putain, oh putain. Demyan fit un effort surhumain pour garder contenance. Si son visage pâle restait sensiblement neutre, l’intérieur de son crâne bouillonnait comme dans le cœur d’un volcan. Tous les muscles de son corps, si faibles étaient-ils, s’étaient brusquement tendu sous un pic d’adrénaline.

« On s’calme, bois ta bière, bois, c’est pas poli de pas toucher aux rafraîchissements qu’on t’offre. » Le jeune russe bu lentement et en silence, forçant le passage dans sa gorge serrée par le stress qui s’accumulait. Il devait se barrer d’ici. Il n’aurait jamais dû venir en premier lieu. Il pensa à utiliser son cellulaire, mais pour appeler qui ? Et pas tant que le vendeur l’avait dans sa mire. Il fallait calmer le jeu, il fallait… mais le japonais semblait être de ce genre de personne qu’il est inutile d’essayer d’apaiser. Les décisions se prenaient de façon unidirectionnelle ici.

« Demyan ! l’interpella le dealer en posant son pied entre ses deux genoux, sur le siège de la chaise. T’as peur des aiguilles ? » Qu’est-ce qu’il était censé répondre à ça ? Il avala sa gorgée avec difficulté, déposa la bouteille sur le sol. « Non, ça va… souffla-t-il en essayant de ne pas briser le contact visuel avec le tatoué
- AKI ! beugla soudain son interlocuteur en se tournant vers son subordonné. Oy, Aki ! Faut qu’le jeune essaye ça ! Magne-toi !»

Il se tourna à nouveau vers lui, agrippa brusquement son bras et releva sa manche. C’était trop. Demyan sauta comme un lièvre, renversant la chaise, trébuchant dans le vide. Il ne réussit qu’à se faire mal à l’épaule en tirant comme un demeuré. Le dealer avait la poigne solide. Une crevette, ça ne rivalise pas avec un loup.

« S’te plaît, non, s’te plaît. Je te paye et je m’en vais, couina le jeune russe en abandonnant son sang-foid, continuant de se débattre sans réelle coordination » Il n’avait pas grand espoir de se libérer, à vrai dire. Le plus vieux riait à gorge déployée, amusé, excité. « Arrête de bouger Demyan, ça pince un peu mais après, putain que c’est bon ! Putain et t’as vu ça ? s’extasia le vendeur en l’attirant vers lui pour mieux y voir son bras. T’as la peau claire mon gars ! On voit toutes tes veines. La grosse bleue là. Oy, oy, du sang de roi mon mignon ! L’héroïne c’fait pour toi, c’est une honte de ne pas l’avoir encore essayé ! AKI ! Elle vient cette aiguille !? »

Tout le monde avait l’air de s’en foutre. Non. Tout le monde n’osait rien faire contre le maître de ces lieux. Demyan explosa en voyant le deuxième mec s’approcher avec la seringue. Il tenta de frapper le tatoué au visage, se loupa misérablement, ne réussit qu’à le faire rire de plus bel. Il ne pensait plus très clairement, se faisait penser à un petit animal acculé dans un piège. « NON ! » Wow, putain, c’était à lui cette voix ? Il pensa avoir le dessus pendant une seconde, se débattant comme un beau diable, avant de se sentir immobilisé, coincé, écrasé. Il perdit son souffle. Pourquoi t’es venu ici ? T’es trop con. Arrête, arrête de bouger. Arrête, ou ils vont te tuer.

*

« T’es vraiment qu’un sale petit con égoïste, souffla durement Isidora en baissant les yeux vers lui.
- Je t’ai dit que je gérais, répéta Demyan en se durcissant
- Tsk ! Bien sûr, c’est ce que tous les camés disent avant qu’on les retrouve au fond d’un caniveau, crevé d’une overdose. Si c’est pas la drogue qui te tue, ce sera son entourage.
- Tu exagères toujours tout… »

Les lèvres de sa grande sœur s’ourlèrent d’un rictus malheureux.

« Je suis triste. Pas pour toi Demyan, mais pour Andrei, et maman. Ils seront écroulés s’ils te perdent… t’es p’têtre juste un petit con, mais visiblement il y a des gens qui réussissent à t’aimer. Si tu pensais un peu plus aux autres et un peu moins à ton putain de nombril… » Elle tira sur sa clope, le dévisagea sévèrement. « Tu sais quoi ? Laisse tomber. Je parle à un sourd. Fais c’que tu veux. Si tu crèves, ça fera d’la compagnie à notre vieux dans l’autre monde. »

Touché, coulé.


*

« Oy, oy, je vois qu't'es frêle, mais quand même, tu te débat pas beaucoup pour un mec qui veut pas faire l'éclate ! C'est quoi, tu digères pas ce qu'Aki a mis dans ta bouteille ? » Le japonais ricana en le tenant fermement. La bouteille ?

Oh putain, sans déconner. Ils avaient jamais eût l'intention de le laisser filer. À la seconde où il avait posé le pied dans le cadre de la porte, c'était fichu. Fallait être con pour accepter une bière décapsulée dans un trou pareil, mais avait-il vraiment eu le choix ? Demyan eût une violente envie de... chialer. En voyant le mec revenir dans la pièce avec un lighter et une seringue, il posa son front sur le sol froid en réprimant un hoquet. Venez me chercher, quelqu'un. Je veux pas, je veux pas...
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Zess Ruka
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Ven 22 Jan - 18:04
Une autre soirée, encore une fois dans le quartier le plus pauvre de la ville. Zess marchait tranquillement se fondant sans aucun soucis dans la masse. Il avait l'habitude, que la plupart de ses affaires se passent dans ce quartier, ce n'était pas étonnant, les sales typer avaient plus de chances de s'en tirer dans un coin malfamé, les flics abandonnaient toutes poursuite. C'était bien là, la raison de sa présence. Encore ce soir, il ne trouverait pas le repos facilement, il fallait qu'il se bouge pour faire son travail proprement. Et encore cette fois, son travail s'annonçait ardu, ce soir il s'en prendrait à un dealer, une grande frappe. Rien que de savoir ce qu'il pourrait y rencontré, lui ramené en mémoire un flot de souvenirs, qu'il ne trouvait pas agréable du tout. Il allait être encore une fois confronté à la drogue, ce truc pourri qui avait gâché une partie de sa vie. Il avait fait une bourde une fois, sa dernière chasse ne s'était pas très bien déroulé, la vision du aiguille l'avait fait perdre ses moyens. Il inspira un long moment avant de lâcher un soupire, il ne fallait pas qu'il se loupe cette fois, vraiment pas. S'il voulait continuer dans le métier, il fallait vraiment qu'il réussisse le coup de ce soir. Il referma son long manteau noir, faisant rapidement l'inventaire de son arsenal, ses deux flingues étaient correctement chargés, et ses deux couteaux étaient bien dans sa poche.
Il avait la tête baissé, son regard argenté fixait calmement le bâtiment juste en face de lui, un immeuble miteux. Le genre de bâtiment que l'on rencontrait souvent dans ce quartier, il n'y avait rien d'étonnant que des déchets puissent se planquer ici. Il n'était plus l'heure à l'observation, vraiment pas. Il regarda la porte de derrière et la passa sans rencontrer de problème majeur. C'était presque trop facile, vraiment trop facile. Il resta concentré, il fallait vraiment pas qu'il se laisse distraire. Il passa un couloir, puis un autre, il n'y avait rien à signaler, comme s'il n'y avait personne dans les parages, il trouva cela louche. Zess regarda autour de lui un moment se stoppant, alors qu'il entendait des bruits, bien que léger au dessus de sa tête. Ils étaient à l'étage.

Il pouvait entendre une voix grave, et elle n'arrêtait pas de jacasser, il ne prenait pas attention à ses paroles, mais il suivait simplement la voix en restant le plus discret possible. Il finit par tombé sur un sous fifre, rien de bien méchant, il n'eut pas de mal à l’assommer, pour s'en occuper plus tard. Il gardait les yeux rivés sur le sol, alors qu'il montait les marches en vitesse. Il avait un mauvais pressentiment son instinct lui disait de se bouger les fesses, et plus vite que ça. Qu'est ce qui pouvait bien se passer ? Il accéléra le pas, sans vraiment se préoccuper du reste. Il passa à revu la une grande quantité de pièce, il se rapprochait petit à petit. Restant calme. Zess respirait calmement essayant de ne pas s'attarder, il passa de léger coup d’œil autour de lui. Bordel. Il le sentait, cet endroit miteux, le genre d'endroit qu'il n'avait que trop fréquenté par le passé, il en avait presque des sueur froide. L'odeur. Cette sale odeur, de drogue, de poudre, de liquide fort. Dégueulasse. S'il pouvait passer à une autre chasse rapidement, il le ferait sans hésiter, son poil se hérissait par rage. Il n'en pouvait plus de ces gens, ces connards qui plongeaient la vie des autres dans un enfer monstre. Son regard était maintenant dure, il avait envie d'en découdre, surtout de tuer ce fumier et sa bande le plus rapidement possible. Il restait cette salle, de là d'où venait tous ces sons, là où enfin il allait repasser à l'action. Il enclenche son arme calmement alors qu'il tendait l'oreille pour entendre ce qu'il pouvait bien se passer.

« Oy, oy, je vois qu't'es frêle, mais quand même, tu te débat pas beaucoup pour un mec qui veut pas faire l'éclate ! C'est quoi, tu digères pas ce qu'Aki a mis dans ta bouteille ? »

Cette voix grave, cette façon de parler, il n'y avait aucun doute que cette personne était une enflure, le genre d'enflure qu'il avait envie de passer sous son flingue. Rien que dans l'intonation de sa voix il imaginait bien son rictus démoniaque, son air supérieur. Il était à bout, qu'il en oubliait presque son sens du professionnalisme. Il grattait nerveusement la peau de son bras gauche, où se trouvait son tatouage. Il serra les dents, réfléchi un instant avant de claquer la porte. Tout cela fut très rapide, en quelque seconde il se trouvait dans la dite pièce, il ne lui fallu que quelques millièmes de secondes pour se rendre compte de qui était à l'origine de cette voix. Ils étaient occupés, bien trop occupés pour se rendre compte que quelqu'un pouvait facilement s'infiltrer ici, ils n'étaient même pas sur leur gardes. C'était presque trop simple, il aurait pu leur mettre une balle dans la tête tout simplement. Mais la rage qu'il contenait, tous ses sentiments le firent péter les plombs, il ne lui fallu pas une balle, il vida son chargeur son le mec imposant en face de lui sans scrupule. Il tira encore et encore, le fixant simplement froidement, le regard de la mort, du tueur qu'il avait toujours était. En quelques secondes, l'homme hurlait. Chacune des balles étaient là pour le faire souffrir et non pas le tuer, ce n'est qu'à la toute fin qu'il infligea le coup de grâce sans même lui laisser le temps de réagir. Il s'avança rapidement dans la salle ses deux flingues en main, alors qu'il était maintenant tâché par le sang de l'homme. Ils s'étaient tous mis à déguerpir, d'autres bien trop camé restés simplement sur le sol en délirant. Un coup de feu, puis un autre, il se m'y simplement à descendre un par un tous ces déchets. Bientôt on pouvait très bien comparer cette scène, à une scène sanglante, macabre. Le regard sévère, monstrueux, il tourna le regard dans toute la pièce, devenu rouge sombre. Il en restait un. Oui, un seul. Il avança calmement vers lui, poussant du pieds les déchets sur son passage. Il lissa le regard, une seringue, il se crispa, serrant les dents. Il ne se sentait pas bien, il voulait en finir, fermé comme un glaçon. Il se plaça devant le jeune homme, blond, qu'il observa un moment, baissant les yeux sur lui. Son seul geste fut de lever le bras doucement braquant simplement le flingue sur le front du jeune homme.

« Vous êtes tous des fumiers. »
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Ven 22 Jan - 19:58
Demyan ne bougea pas. Il ne bougea pas quand le grand tatoué se leva pour faire chauffer l’héroïne, gardant le plat de sa botte dans le creux de son dos. Il ne bougea pas lorsque les deux hommes échangèrent quelques invectives à savoir qui allait piquer. Il ne bougea pas lorsqu’un inconnu rejoint la petite bande, refermant derrière lui une porte qui ne lui avait jamais semblé aussi loin. Mais il leva les yeux.

Il leva les yeux et vit, derrière la seringue qui s’approchait, derrière le sourire mauvais du dealer, l’éclat de la lumière tamisée sur la crosse d’un flingue. Impossible de résumer les pensées qui lui filèrent par la tête comme des comètes entre l’instant où l’homme leva ses deux armes et où il appuya froidement sur la détente. La fumée avait semblé circuler plus lentement dans l’air, et le temps se suspendre. Se suspendre avant de tomber brutalement à la première détonation. Le claquement sec du coup de feu le fit réagir comme la morsure d’une plaque brûlante. Entre l’instinct de conservation et le conditionnement pur et dur, Demyan se jeta dans le coin de mur le plus proche, les yeux rivés sur ce spectacle impensable et les oreilles agressées par le tonner de hurlements.

Le corps du dealer s’agitait de façon grotesque, encaissant comme une poupée de chiffon chaque impact des balles. Comment une situation pouvait-elle se dérouler si rapidement et paraître tout aussi interminable ? Il était hypnotisé, paralysé. Et derrière il entendait quelques bruits de pas rapides déboulant les marches de la cage d’escalier, des imbéciles plus chanceux que lui qui s’étaient sauvés, qui avaient agit sans regarder. Demyan tressaillit. Une voix appartenant au passé résonna dans son crâne. « Demyan, ferme la porte mon cœur… ferme la porte et bouche tes oreilles. » Mais le jeune russe n’avait aucune porte à fermer. Gardant les yeux grands ouverts, il plaqua ses mains de chaque côté de sa tête.

Les images s’imprimèrent sur ses rétines comme des coups de fouet dans la peau. Pitié, pitié… Il s’effaça inconsciemment. Il n’était plus Demyan, 25 ans, toxicoman. Il était un sale gosse mort de peur, 8 ans, impuissant.

Ne resta bientôt plus qu’une seule silhouette debout dans la pièce souillée. Rouge sur noir. Noir sur blanc. Les mains de Demyan étaient retombées de chaque côté de son corps, moites, glacées. Il ne sentait même plus le bout de ses doigts. Il ne sentait que son cœur qui bat. Impossible de bouger, de détourner le regard. Les yeux de l’assassin captèrent bientôt les siens, le clouant dans son coin de mur, le clouant dans cette marre de sang, le clouant dans un cercueil qu’il s’était-lui-même fabriqué depuis les années. Il ne manquait plus qu’on y appose le couvercle. Bouge.

Demyan ne le vit même pas approcher. Il ne se souvint pas même de l’avoir vu esquisser un pas. Mais il était là, le surplombant, le toisant avec des billes de mercure. Froides comme l’acier du flingue pointé sur sa tête. Brûlantes comme la bouche du canon encore fumante. Le paysage vibrait, c’était lui qui tremblait comme une feuille. L’air chargé cillait dans ses oreilles. Bouge.

« Vous êtes tous des fumiers. »

Face à l’imminence de la mort, les réactions sont imprévisibles. Et ce qui anime le corps est difficile, voir impossible à décrire. Un trop grand danger et la conscience s’éclipse, se révulse, laissant place à un soi plus animal, un soi enfouit au plus creux de nos tripes. Et lorsqu’il sort, c’est douloureux. Pour l’esprit, pour tout le corps. Mais l’avantage… c’est que c’est explosif.

Bouge !

Le blond ne réalisa même pas qu'il se déplaçait. Pourtant il se retrouva les deux mains devant lui, l’une poussant sur la gueule menaçante du pistolet, l’autre enfonçant ses ongles dans le poignet de l’inconnu. Il entendit quelqu’un hurler, un hurlement primitif, mais ce cri sortait de ses propres poumons. Les mouvements brusques créer des réactions en chaîne. Un énième coup de feu fusa à deux centimètres de son oreille, lui déchirant le tympan. La balle se logea dans le mur. C’était futile comme détail, mais Demyan vit très clairement l’impact faire voler la poussière de plâtre autour du petit trou sombre. C’est qu’on remarque des choses inutiles quand l’adrénaline nous explose les veines. Comme la présence d’un objet d’anodin. Ou une odeur. L’odeur de cuir froid qui s’accrochait au manteau de l’inconnu, par exemple.

Claquement de doigt. Demyan agrippa la bouteille de bière à moitié vide, ne perdant pas de temps à se demander comment il venait de se téléporter contre le mur adjacent. C’était pire que de réfléchir à une vitesse impossible, c’était ne pas réfléchir du tout, valorisant l’action à la carte mémoire. Il balança la bouteille, visa juste par miracle. Éclatement, bruit de verre cassé. Ouch, ça avait dû faire mal. Mais pas autant qu’une balle dans les tendons, douleur que le jeune blond ne tenait définitivement pas à expérimenter.

Il ne prit pas le temps de regarder comment se portait sa cible. Il s’élança vers la porte, trébuchant sur un corps inanimé, s’affalant à moitié sur la poignée que ses mains couvertes de sang refusaient d’ouvrir sans glisser. MERDE, MERDE ! La porte s’ouvrit brusquement et il s’affala dans la pièce voisine, dérapant sur ses propres semelles trempées d’hémoglobine. Un puissant vertige venait de le frapper comme une pute derrière la nuque. Le stress insoutenable ou la drogue commençant à faire effet ?

Hors de question qu’il crève ici comme le camé qu’il était ! Il s’élança vers la deuxième porte laissée grande ouverte, celle menant à la cage d’escaliers, là où les petits malins s’étaient enfuit avant lui. Son pied glissa et il déboula la première série de marches dans un vacarme qui aurait réveillé n’importe quel narcoleptique.

« Agghrm… » Qualificatif très mince pour témoigner de sa douleur. Mais ce gémissement était la seule chose dont-il était capable sur le moment. Il avait le souffle coupé. Il se tortilla au bas des escaliers, le corps traversé d’éclairs, le cerveau en ébullition. Putain, qu’il était con. L’autre n’avait qu’à descendre lentement le rejoindre pour lui loger cette balle qui lui avait manqué dans le front. Il ne pouvait plus bouger. Pas dans la seconde. Vie en danger ou pas, son corps meurtri refusait tout simplement de collaborer. C’est comme ça qu’il allait crever, vraiment ? Drogué par un maniaque et achevé d’un plomb dans le crâne après avoir pathétiquement déboulé les marches d’un immeuble de merde ?

Il trouva un souffle, fit passer l’oxygène dans ses poumons. La panique animale manqua l’étouffer. « ME TUES PAS ! » Et quoi encore ? Pitié ? « PITIÉ ! » Et voilà, tombe plus bas pour voir. « JE T’EN RPIS ! » Bordel donnez-lui un oscar pour cette tragique performance. Demyan sentit des larmes brûler son visage, il le cacha dans ses manches comme si ne rien voir pouvait retarder la Faux. « J’-j’étais pas avec lui, j’étais pas avec le dealer, je… je te promets ! » Il hoquetait misérablement, se demandant soudain si d’hurler ainsi ne lui nuirait pas davantage. Mais il refusait de fermer sa gueule. Parce que tant qu’il parlait, il savait qu’il vivait. Gardant son visage résolument bloqué dans ses coudes, il continua d’un voix rauque et chevrotante, essoufflé de simplement devoir parler.

« J’étais juste venu chercher … venu chercher … j-j’étais jamais venu ici ! Je reviendrai pas, je t’en pris, me tues pas… je dirai rien, j’ai rien vu, j’ai rien v-vu… je dirai rien. » Qu’est-ce qu’il pouvait bien plaider d’autre pour sa cause ? Peut-on vraiment raisonner l’auteur d’une tuerie de la sorte ? Son corps, remis de l’impact de sa chute, s’était remis à trembler. Ça l’élançait dans les côtes, les jambes, le plexus. Partout. Oh seigneur, s’il sortait vivant d’ici, il se jurait de ne plus jamais jamais retoucher à cette saloperie qui l’avait guidé jusque dans ce trou. Une dernière chance, pitié, juste une dernière chance…
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Zess Ruka
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Dim 24 Jan - 18:37
Comment avait-il pu le louper ? Il aurait même dû lui loger une balle dans la tête dès son entrée dans la pièce, juste après le gros bras aux tatouages. Mais c'était celui qui tenait la seringue qui y était passé juste après, comme quoi il en avait toujours pas fini avec son passé. Mais maintenant il était juste devant lui, il n'avait qu'à se rattraper et le travail serait en quelque sorte bien terminé. Même si une bonne partie avait eu le temps de prendre leurs jambes à leur cou, il les retrouverait bien plus tard, cela ne serait pas un soucis. Juste en dessous du canon de son flingue se tenait le front du blond, il était complètement ailleurs, en proie à une violente terreur. Zess le regard froid posait sur lui, n'allait pas pour autant hésiter à presser sur la détente. Pourquoi ? Parce qu'il avait clairement perdu ses moyens, certes ils les auraient tués quand même, mais pas de la même manière. Et il aurait pu se rendre compte que la personne devant lui n'était pas un racheteur mais juste un client, ici au mauvais moment. Mais en cet instant précis, il ne se posait même pas la question s'était une évidence pour lui. Ils devaient tous mourir.

Crever.

Une seconde était bien trop importante, une seconde qui sauva la vie du jeune blond et qui fit se loger la balle dans le mur. Il avait manqué sa cible, qui dans un élan de survie, c'était prit pour un héros essayant de sauver sa peau tout simplement. Zess n'avait pas eu le temps de s'en rendre compte, et il l'avait tout simplement raté. Il n'en fut pas pour autant déstabilisé, braquant assez rapidement son regard froid de nouveau sur sa cible. Mais alors qu'il reprenait un contact visuel, la seule chose qu'il vit était la bouteille qui lui fonçait dessus, une bouteille de bière balançait dans sa direction. C'était bien maigre pour vaincre un tueur à gages, ses réflexes étaient déjà en réveil complet, quand son bras vient simplement parer la bouteille qui vient exploser sur le mur à côté de lui. Le reste de bière venant couler sur le sol, se mélangeant avec le liquide rougeâtre répendu dans une grande partie de la salle.

Il fut distrait par cette bouteille qu'il fit comme un tintement dans son crâne, ses yeux rencontrant une nouvelle fois la surface de la pièce. Un bref bilan du regard, il s'était laissé emporté par ses sentiments, par la tension, et cette putain de came. C'était un vrai massacre, comme un règlement de compte, il n'y avait rien de professionnel dans le travail qu'il venait d'accomplir. Il soupira légèrement, en voyant l'ampleur de sa fureur, il allait en entendre parler, la bouteille lui avait permis de reprendre ses esprits. Mais cela ne prit que quelques secondes, il n'avait pas oublié la présence du dernier. Il tourna rapidement le regard vers la porte, constatant qu'il n'avait pas attendu pour prendre ses jambes à son cou. Il avança d'un pas, reprenant sa course calmement, regardant froidement devant lui. Alors qu'il enjambait sans une once de compassion les cadavres étendus sur le sol. Il n'avait pas besoin de mots, le fuyard faisait beaucoup de bruit, une fuite bruyante, Zess ne pouvait perdre sa trace. Il n'était pas difficile de savoir où il était. Zess resta concentré, s'approchant de plus en plus de la cage d'escalier, il regarda froidement autour de lui. Il devait bien trouver étrange que le fuyard n'avait même pas d'arme sur lui, n'importe qui de ce groupe avait de quoi se défendre.

Étrange.

Il continua la marche en reprenant ses esprits, ce qui remit en marche son système de réflexion, tout ce qu'il avait eu devant ses yeux, avait juste était une simple souris prise au piège. Mais il était tout de même sur les lieux. Marche par marche, il descendait, calmement avant que son pas se fit de plus en plus pressant, descendant les marches de plus en plus rapidement. Il ne tarda pas à l'avoir en ligne de mire, il était juste une rangée de marches en dessous. Voilà qu'il commençait déjà à crier pour sa vie, c'était pathétique. Il n'avait vraiment pas de chance, il n'avait même pas réussi à descendre sans encombre. C'était à se demander s'il faisait bien parti de ce petit monde. Zess ne cessa pas pour autant de s'avancer, cette histoire l'avait foutu sur les nerfs. Il avait encore foiré même si les mecs étaient morts. Il n'avait que l'image d'un gamin devant lui, il venait enfin d'arriver à son niveau, le flingue en main. Toujours en train d'espérer pour sa vie, suppliant, affirmant qu'il n'avait rien à voir avec tout ça, un simple client ? Cela paraissait bien possible, son manque d'armes, le fait qu'il soit complètement paniqué. Tout s’emboîta parfaitement. Mais il ne lâcha pas pour autant le flingue, il était témoin, il avait vu son visage, il n'avait pas vraiment de chance mais il se devait de lui loger une balle dans le crâne.

Mais alors pourquoi alors qu'il était simplement à un mètre, de ce jeune meurtri, il ne s'était toujours pas exécuté ? Pourquoi il n'avait pas encore tiré ? C'était complètement débile, il suffisait d'appuyer sur une détente. Et Boum. Il pourrait rentrer pour dormir un coup. Mais non il ne fit rien, fixant la bête blessée sur le sol, il avait une drôle de sensation de déjà vu. C'était désagréable. Désagréable. De voir le sois d'avant comme dans un miroir. Cela lui fit l'office d'une gifle. Il avait été comme cela, combien de fois il avait pu perdre la vie à cause de cette merde. Qu'on l'avait battu ou encore pointé un flingue sur la tempe ? Trop de fois, pour l'oublier aussi facilement.

Il resta figé quelques secondes, avant de secouer la tête. Il y avait une sorte de combat dans l'intérieur de sa tête, tirer c'était comme s'il tuait le garçon qu'il avait été avant. Il n'était pas mort, et il avait réussi à s'en sortir, avait-il vraiment le droit de faire le geste que personne n'avait fait dans son passé ? Certainement pas. Tout semblait tellement plus clair. Il leva son bras doucement pas celui où il y avait le flingue venant essuyer son visage, encore sale. Il ferma deux secondes les yeux avant de soupirer, rangeant son flingue dans la poche de son manteau rapidement. Il reposa son regard sur lui, il était calme et cette fois plus serein, il n'avait plus rien à voir avec la personne qui avait descendus tant de personnes en si peut de temps.

« C'est bon. Je te crois. Mais rien ne prouves que tu ne diras rien à mon sujet. »

Il s'avança comme si de rien n'était vers lui, il n'était plus armé et n'avait aucune envie de le descendre, il n'aimait pas tuer les innocents. Il l'inspecta un moment, essayant de voir s'il l'avait blessé, il posa un genoux à terre pour cela. Il le regarda dans les yeux complètement neutre. Il savait qu'il pouvait très bien se prendre un revers et qu'il s'enfuit, mais il n'arrivait pas à détacher son regard de ce blond, ce jeune homme qu'il avait l'impression de connaître.

« Je ne te ferais pas de mal. Je devais juste tuer le réseau de drogue. Et ces fumiers, simplement. » Il marqua une pause. « Mais je ne peux pas te laissé partir comme tu le souhaites non plus. »

Il le fixa de ses yeux argentés sérieusement, il n'allait pas le laissé rentrer chez lui aussi facilement, si seulement il avait un chez lui. Il pourrait recommencer, et tomber encore plus bas, il n'avait pas envie que cela finisse de la sorte.
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Dim 24 Jan - 22:42
Demyan était peut-être cloué au sol, mais ça ne l’empêchait pas de réfléchir à toute vitesse. Les pas de l’individu s’étaient arrêté tout près de lui et il le sentait, immobile, le regard rivé dans son dos. Il pensait à la porte de sortie, un étage plus bas. Quelques marches... pour les atteindre il ne suffisait que de réussir à se lever, puis d'un départ assez explosif… ce dont il doutait d’être capable. Mais ce n’était pas le plus important. Le facteur décisif, c’était le grand sadique au-dessus de lui, et le flingue qu’il tenait toujours à la main. Réfléchis, réfléchis… Il était mort de peur. Attendre de se faire tirer ou tenter quelque chose avant de se faire tirer de toute façon ? Pas un dilemme si les deux issues sont les mêmes. Mais le jeune russe n’eut pas besoin de se décider dans l’instant. Il ouvrit l’œil en entendant le froissement d’un manteau et vit le noireau ranger son arme.

Il respira. Un peu mieux. Mais il n’osa pas lever le regard, gardant obstinément son visage près du sol, son corps crispé dans l’attente d’un coup quelconque qui ne vint jamais. « C'est bon. Je te crois. » Quoi ? Il cligna des yeux, passa sa langue sur ses lèvres et pris une deuxième inspiration. La voix était posée, trop calme. Elle faisait tâche avec la violence exprimée il y à peine quelques secondes. Si quelques mots donnaient tout de suite un visage plus humain à une bête, Demyan n’était pas rassuré pour autant. Il se détendit imperceptiblement, attendant la suite sur un pied d’alerte. « Mais rien ne prouves que tu ne diras rien à mon sujet. »

Menace voilée ? Le jeune russe releva légèrement la tête en sentant l’inconnu bouger. En le voyant poser un genou à terre, il tenta de se déplacer, tentative infructueuse qui lui laissa un lancinement douloureux dans les côtes et un grognement coincé dans la gorge. Il avait mal aux genvices. C’est qu’il serrait les dents, fort, sans s’en rendre compte. Que peut-on attendre de plus d’un animal blessé et pris au piège ? Sa tête lui dit de regarder ailleurs, son instinct lui dit de faire face au prédateur. Il planta son regard dans celui du japonais, alerte, méfiant, silencieux. Il le laissa l’inspecter, ne broncha pas. Cette espèce d’accalmie après la tempête lui donnait une étrange envie de crier et de s’effacer tout à la fois. Il était mal, très mal.

« Je ne te ferai pas de mal. Je devais juste tuer le réseau de drogue. Et ces fumiers, simplement. » Demyan l’observa, interdit. Simplement ? C’était bien ça le problème. Une boucherie, simplement, ouais. Son cerveau n’arrivait pas à traiter ce qui venait de se passer. Ses pensées s’égarèrent une fraction de seconde à l’étage, pensant aux cadavres gisants dans le sang et-… non. Il revint ici, dans la cage d’escalier. Il pensa à la porte. Quelques marches. La porte. La sortie. Se lever. Courir, juste quelques marches… « Mais je ne peux pas te laisser partir comme tu le souhaites non plus. »

Le jeune russe se retint de geindre comme un sale môme pleurnichard. L’infime petit milligramme d’espoir qui avait pu se loger en lui venait de s’évanouir avec les dernières paroles du noireau. Ferme, indiscutable. Évidemment qu’il n’allait pas le laisser filer comme ça. Il était témoin. Un témoin en vie, qui plus est. Demyan ne s’osa pas à lui demander pourquoi il ne le tuait pas tout bonnement. Peut-être qu’il le ferait… plus tard. Il s’était dégonflé ? Putain, tellement de questions. L’important, c’était chaque minute de plus qui se rajoutait à sa vie, chaque minute qu’il pouvait mettre à profit pour se barrer sans se retourner. Et maintenant quoi ? Fallait coopérer. Le jeune russe repensa rapidement à toutes ces putains de séries policières débiles qu’il avait maté, les prises d’otages et toutes les autres conneries du genre. Si seulement ça avait été un minimum instructif…

« Qu’est-ce qu’on fait alors… ? » Sa voix s’apparentait plus à un murmure, mais elle n’avait pas tremblée. Une première. C’était la question la plus neutre qu’il avait trouvé. Il ne voulait pas essayer de le faire changer d’avis, de peur de lui faire regretter sa décision de l’avoir épargner. L’autre semblait calme… pour l’instant. Alors autant lui laisser les rênes et le laisser avoir l’impression de gérer la situation. Bon… ce n’était pas qu’une impression, il gérait vraiment la situation, mais peu importe ! Demyan tenta de se redresser lentement, ne fit que s’adosser au mur en grimaçant.

« J’crois que je me suis brisé une côte… grommela-t-il en baissant les yeux » Mais non crevette, ce n’est qu’une grosse hématome que tu auras demain matin au réveil. Si tu te réveil demain. Il se crispa. Est-ce qu’il aurait mieux fallu ne rien dire ? Une chose était certaine, c’est qu’ils devaient débarrasser les lieux au plus vite avant qu’une patrouille rapplique. Si le noireau le croyait incapable de se déplacer, il pourrait très bien changer d’avis et lui mettre cette balle au bon endroit. Putain, mais il devait vraiment fermer sa grande gueule. Et arrêter de trop réfléchir, aussi. Ça tournait en rond dans sa tête.

Parce que ouais, toute autre personne dans sa situation aurait certainement essayer de faire traîner les choses jusqu'à ce que les flics rappliquent, mais pas lui. Parce qu'il avait autant à se reprocher que le mec en face de lui, question ouverture de dossier. Parce qu'il était en possession de stupéfiants, qu'il était consommateur régulier, et qu'il avait en ce moment même un super melting pot chimique dans le corps. Faudrait d'ailleurs y voir, dans les minutes qui suivraient... Demyan avait un doute sur ce que ce Aki avait glissé dans la bouteille. Et même s'il n'avait pas tout bu, ça suffisait. Combien de temps il avait ? Son rush d'adrénaline avait-il accélérer le processus ? Dix, vingt minutes peut-être, avant d'être complètement paumé. Faut vraiment que tu te casses d'ici.
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Zess Ruka
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Mar 26 Jan - 12:36
C'était un témoin, c'était un fait. Il avait tout vu, clairement, le sang qui avait giclé sur le sol, il l'avait laissé voir une part de lui qu'il n'avait pas encore rencontré jusqu'à lors. Il avait complètement pété un câble, cela expliqué bien les tremblements qui animés l'inconnu. Il avait eu peur, il avait certainement dû voir sa vie défiler sous ses yeux, tout cela parce qu'il avait été là au mauvais moment. Est-ce que c'était un hasard ? Un jeune blond, frêle, aussi apeuré qu'il avait pu l'être à l'époque. Quand il le regardait, il ne pouvait s'empêcher de penser à lui, c'était purement égoïste, effectivement. Mais il ne pouvait penser que tout cela était dû à une magnifique coïncidence. Pas pour lui. Il avait bien plus que cela derrière cette rencontre bien brutale. Zess l'examina tout en réfléchissant à tout cela, il était presque sûre qu'il avait mal quelque part, son visage était tellement crispé. Même tout cela le laissait à penser que tout cela résidait en sa simple présence tout près de lui. Aucun jeune de son âge ne pouvait sortir sans séquelles de cette scène meurtrière, il allait en garder des résidus toute sa vie, et cela par sa faute.

Il n'était pas non plus un angelot, par le simple fait de sa présence, Zess se doutait bien qu'il devait consommer assez souvent. Il connaissait la drogue, et cela devait faire un moment. Il ouvrit enfin la bouche pour s'exprimer, il s'attendait plus qu'il allait simplement fuir le monstre qu'il avait aperçu juste avant, mais il était toujours devant lui, cela le surprit légèrement. N'importe qui se serait barré en criant, en tout cas d'un point de vue d'un mec tout ce qu'il y a de normal. Par la suite il se redressa, enfin il essaya, car cela fut court quand il se courba de nouveau. Cela avait l'air d'être difficile, il était blessé. Zess fronça légèrement les sourcils. La grande question était là, qu'est ce qu'il voulait faire de ce jeune blond ? Il ne voulait pas le laissé s'en aller comme cela, mais avait-il simplement une idée de ce qu'il allait se passer par la suite ? Certainement pas. Il réfléchissait, encore et encore, il lui fallait une solution et rapidement. Il observa le jeune, son silence commençait à se faire long, et il devait certainement attendre une réponse de sa part. Il le savait, dans le cas présent c'est lui qui avait les cartes en main. Il avait sa responsabilité dans tout cela et sa blessure.

« Est-ce que tu as un endroit où rentrer ? Des parents ? Une famille ? »


Il posa ses mots lentement, en prenant soin d'articuler à chaque mot, il n'avait pas connu tout cela, il avait eu un endroit où rentrer lors de son adolescence, mais il avait plus représentait cela comme un enfer plutôt qu'une rédemption. Il n'en avait que des mauvais souvenirs, mais si quelqu'un attendait ce jeune, où que cela soit il ne pouvait pas le priver du peu de bonheur que cela pouvait lui procurer. Et s'il n'avait personne ? Qu'allait-il faire ? Il avait bien une petite idée, mais c'était peut être une grosse connerie. Il était loin d'être sain, certes il ne connaissait plus la drogue, il s'était relevé et reconstruit, mais il tuait maintenant. Même si ce n'était que des connards au nom de la loi, cela n'excusait rien. Il reposa une nouvelle fois ses yeux sur le jeune, il pouvait très bien s'en sortir seul, même après tout cela, il n'y avait pas de raison qu'il tourne mal. Mais il était dans le quartier pauvre tout était possible, et très rapidement. Pourquoi fallait qu'il s'en fasse pour un simple inconnu, en tant normal il l'aurait laissé derrière lui rapidement, sans plus jamais réapparaître devant lui. Egoïste. C'était bien le mot. C'était pour sa propre rédemption qu'il ne pouvait le laisser seul comme cela. Il finit par se rapprocher de lui, il ne fit pas de mouvements brusques, restant calme, complètement neutre, attrapant calmement le bras du blond pour le soutenir. Il se stoppa instantanément en observant son bras, pivotant directement sur ses yeux, il le regarda avec insistance avant de plisser les yeux.

« Qu'est ce que tu as pris ? »

Les premiers symptômes, il avait prit de la drogue il en était sûre, mais il ne savait pas laquelle, et cela l'intriguait, depuis le temps de la tuerie il n'était pas en plein tripe. Quelle drogue mettait aussi longtemps à agir. Est-ce que s'était grave ? Et les effets ? Mais surtout la quantité. Il frissonna à l'idée de la vision de l'aiguille dans la chair. Il s'apprêta directement à venir le soutenir pour qu'il tienne debout sans aucun soucis, il n'allait pas le laisser contre le mur de la sorte. Restant perplexe quant à son état.
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Mer 27 Jan - 13:44
Le noireau semblait réfléchir plus que lui. Conflit intérieur ? Ou alors il se demandait comment il allait se débarrasser de lui maintenant qu’il avait fait mine de l’épargner. Aux vues de la façon dont-il avait froidement criblé de balles les corps à l’étage, Demyan ne se faisait pas d’illusion quant à l’humeur imprévisible d’un tel homme. Et puis merde, qu’est-ce qu’il y connaissait lui, à l’esprit d’un tueur ? Il n’était pas un putain de profileur, criminologue, appelez-ça comme vous voulez. Il était juste un toxicomane paumé de 25 ans qui réalisait sa brutale envie de vivre après avoir passé des années à se tuer à petit feu.

« Est-ce que tu as un endroit où rentrer ? Des parents ? Une famille ? »

Le jeune russe recula légèrement la tête en jaugeant Yeux d’Argent. Le doute se lisait dans sa gueule de livre ouvert. Il se questionna sur le bien-fondé de ces questions. Est-ce qu’il lui demandait ça pour s’assurer qu’une fois qu’il le laisserait filer, il n’aurait personne à contacter, personne qui ne lui ferait de la pression pour le dénoncer ? Dans quel cas il ne lui logerait pas une balle dans le front. Ou alors, justement, le fait qu’il n’aille ni parents, ni famille, était une bonne excuse pour l’éclater directement, parce que personne ne réaliserait sa disparition avant plusieurs jours ? Demyan regarda à gauche, à droite, cherchant quelque chose d’indistinct, une issue, une réponse. Chose certaine, il n’avait aucune envie de lui dire qu’il vivait avec son oncle. Moins il en savait sur lui, plus il se sentait en sécurité. C’était une impression discutable, il est vrai, mais les pensées du blond étaient un brouillon sans nom. Alors il fit ce qu’il savait faire de mieux… mentir.

« Non. » Il avait ramené son regard sur celui du noireau, tentant de se redonner contenance. C’est l’habitude qui lui sauva la mise. Sa voix était franche, il semblait sincère. Mentir n’était pas difficile. C’était d’assumer, par la suite, les conséquences. Demyan verrait bien où ça le mènerait. Il pensa soudain au cellulaire dans la poche de sa veste. Son ventre se crispa douloureusement sous l’appréhension… mais le portable était sur silencieux. Il respira un peu mieux. Menace écartée. Pour l’instant… mais son ventre se sera à nouveau lorsque l’homme se rapprocha, bien que doucement, et qu’il attrapa son bras.

Le jeune russe réprima un violent réflexe d’évitement, tendant le muscle de son épaule au possible. Il capta le regard du noireau posé sur lui, insistant.  « Qu'est-ce que tu as pris ? » Il se crispa davantage, vivant la question comme une menace, une accusation. On aurait dit Andrei, à l’instant, qui le grondait, découragé, en colère, mais aussi… inquiet. Hors le japonais ne semblait ni découragé, ni en colère. Inquiet ? Demyan resta perplexe un court instant. Impossible de deviner à quoi l’autre pensait. Son visage était impassible. « Rien, répondit-il sans réfléchir » Pur automatisme. Mécanisme de défense.

Il tira légèrement sur son bras, sentant une panique latente revenir l’enserrer à la gorge. Putain, il avait beau être un excellent menteur, sa crédibilité venait de prendre une sacrée claque. Il déglutit, se reprit. « J’ai rien consommé, je te jure, pas de ma volonté en tout cas… » Les yeux clairs du noireau le déstabilisait, lui donnait envie de se fondre dans le mur derrière lui. Il tourna la tête à nouveau, à gauche, à droite. Une porte n’allait pas se dessiner comme par magie à côté de lui, mais sait-on jamais.

Un léger vertige le cueillit, il ferma les paupières quelques secondes. « Y’avait un truc dans ma bouteille, je crois. » Avait-il besoin de préciser de quelle drogue il s’agissait à un homme expressément venu démanteler –ou buter, au choix- un réseau à lui tout seul ? Le répertoire des saloperies incolores, liquides et inodores qu’on peut glisser dans un verre n’est pas large. Demyan savait déjà de quoi il s’agissait, et il en connaissait déjà les effets. Mais tout dépendamment de la pureté du produit… de sa quantité, de plein de putains de facteurs trop variables, il était incapable de prévoir quand, et comment, la drogue allait le frapper. Chose certaine, c’est que ce serait rapide et brutal.

Il rouvrit les yeux, baissa la tête vers le creux de son coude exposé. On ne l’avait pas piqué. Un petit point sombre perçait sa peau, la zone avait rougit. Son souffle se bloqua. Impossible. On ne l’avait pas piqué. Il fouilla dans ses pensées, remonta les évènements. Il se souvenait de la seringue qui approchait, de l’arme à feu qui se levait lentement. L’aiguille avait-elle commencé à percer sa peau au moment où la première balle sifflait ? Dans le feu de l’action, il n’avait rien sentit.

Son visage se décomposa et il leva des yeux paniqués vers l’inconnu. « C’était pas… ils ont pas… » Quoi ? Problème, crevette ? « T’es arrivé avant, souffla-t-il pour lui-même, déboussolé, baissant de nouveau le regard vers son bras. Y’a pas eu le temps d’injecter, y’a pas eu le temps… je l’aurais sentit. » Évidemment qu’il l’aurait sentit, on se mange pas de l’héroïne dans le sang une première fois sans réagir dans la minute. Tout ça prenait une drôle de tournure. Il était vraiment là à débattre avec ce fou furieux de ce qu’il avait consommé ou non ? Qu’est-ce que ça pouvait bien lui foutre ? Demyan aurait préféré continuer de le voir comme un monstre mais plus l’autre parlait, plus il semblait s’humaniser.

Le plus déstabilisant était que celui qui avait passé à deux doigts de lui exploser la cervelle était également celui qui venait de le tirer du pétrin… en le fourrant dans une merde encore pire, cela dit. Ils disent que c’est bien de changer le mal de place. « On devrait bouger au lieu d’parler de ça… marmonna le blond en redescendant sa manche sur son bras. J’crois pas que de taper la discussion aux flics soit dans tes plans. » Loin de lui l’intention d’aider ce grand malade, il le faisait pour son propre intérêt. Mais que ça lui plaise ou non, ils étaient tous les deux dans la même merde. Enfin, presque. De toute façon cette cage d’escalier commençait sérieusement à l’étouffer. Il avait besoin d’air frais.
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Zess Ruka
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Jeu 4 Fév - 6:06
Il n'avait rien ni personne alors ? L'homme devant lui, ce jeune homme blond vivait donc seul dans ce monde pauvre, dans ce quartier. Il se demandait bien comment il avait pu survivre ici, comment il avait subsisté. Lui qui avait l'air si fragile, comme s'il pouvait se briser simplement avec un simple mouvement. Zess avait toutes ses informations dans sa tête, tout cela se chambouler dans son esprit, il était complètement ailleurs, il avait l'envie, oui l'envie de sauver ce jeune devant lui. Comme on avait pu le sauver autrefois. Il en avait eu besoin alors peut-être que lui aussi en aurait besoin. Mais rien n'assurerait qu'il allait accepter son aide. Dans cette situation il était le bourreau qui venait de tuer une dizaine de gens sous ses yeux. Il ne rétorqua pas quand le jeune homme eu le simple réflexe de s'éloigner de lui, il pouvait très bien le comprendre. Il n'avait pas comme objectif de le brusquer, plus maintenant en tout cas, maintenant qu'il savait qu'il n'était qu'une victime dans tous ces événements. Il avait fixé son bras une nouvelle fois quand il répondit simplement que non. C'était clair et plutôt franc, il s'était sûrement trompé alors, cela faisait un moment qu'il n'avait pas vu les symptômes de ce genre de produit. Il se recula légèrement pour l'observer plus longuement avec son regard clair. Il évitait tout geste brusque, alors que le plus jeune semblait paniquer au fur et à mesure des secondes, il ne savait pas, il ne se rappelait pas. Il doutait de ses propres souvenirs, Zess ne pouvait estimer si vraiment on l'avait piqué ou pas, il n'arrivait pas à se souvenir du moment où il était rentré dans la pièce. Il avait descendu le plus imposant, le plus rapidement possible, il n'avait pas pris le temps de regarder ce qu'il se passait réellement. S'il avait pris le temps de réfléchir peut-être que cela ce serait passé plus calmement. Ou il aurait pu se faire piquer tout simplement.
Il n'avait pas à se poser tant de questions, cela ne changerait rien à la situation initiale, il baisse légèrement le regard sur ses pieds avant de le relever vers lui un peu plus déterminé. Il croisa les bras sur son torse, regardant le jeune homme de plus en plus perdu. Il y avait donc un truc dans son verre, une substance inconnue, ils ne connaissaient pas les symptômes.

« Ne t'en fais pas... Ils n'ont pas dû te piquer. Par contre si on ne sait pas ce qu'il y avait dans ton verre, il faut s'attendre à tous effets secondaire. »

Il n'était pas vraiment heureux de cela, la plupart des produits n'avaient pas des effets secondaires très plaisant. Entre les vertiges, les nausées, les délires, on pouvait faire n'importe quoi d'une personne atteinte par ce genre de substance. La question était de savoir ce qu'il comptait lui faire par la suite, ces enflures. Zess fronça doucement les sourcils en pensant à cela, avant de se faire tirer de sa torpeur par les bruits extérieurs, il n'était pas l'heure de se reposer sur ses lauriers, ils étaient encore dans le bâtiment. Ils pouvaient encore se faire avoir, la police ou encore un renfort par le groupe de dealer restant. Et ça le jeune l'avait bien compris. Et c'était maintenant qu'il fallait prendre une décision. Et pas n'importe laquelle, cela concernait le petit jeune devant lui.
Il s'avança dans la cage d'escalier, il passa à côté du jeune, il commençait déjà à descendre les marches vers la sortie, il se déplaçait doucement avant de s'arrêter à la dernière marche. Il resta droit sans bouger, ni même se retourner. Il regardait la porte de sortie, marquant une pause.

« Tu as le choix. Tu peux t'enfuir courir, continuer la vie que tu menais jusqu'à maintenant et mourir à petit feu ici. Ou tu peux me suivre, même si je me doute que tu ne dois pas me voir comme un exemple, mais j'ai vécu ta merde et je m'en suis sorti. Je vis normalement, même si mon boulot et quelque peu dangereux. »


Il s'arrêta là. Il n'avait pas besoin d'en dire plus. Il avait posé les cartes. Maintenant c'était au blond d'en saisir une au risque de perdre l'autre. Zess prenait un risque. Et il le savait pertinemment alors qu'il reprit doucement sa marche vers la porte de sortie.
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Jeu 4 Fév - 12:57
C’est dans des situations comme celles-là qu’on réalise si on a, oui ou non, un bon esprit d’analyse. Ou du sang-froid. Malheureusement pour Demyan, il ne semblait posséder aucun des deux et ses neurones continuaient de se heurter dans tous les sens dans une course frénétique, toujours moins efficaces à mesure qu’un voile brumeux se déposait sur sa tête. Ça va, il avait compris qu’il y aurait des ‘’effets secondaires’’ à cette petite bière avant que l’autre homme ne lui en fasse part. Et il en était encore à se demander s’il avait eu raison de lui dire.

Le jeune russe releva le durcissement du visage du noireau, lui qui semblait réfléchir autant que lui et avancer de la même façon, soit un pas vers l’avant pour deux vers l’arrière. Le blond tenta de se décoller du mur avec un petit mouvement subtil, juste assez pour se rendre compte que son corps commençait tout juste à le lâcher. Tout doucement, ce connard. Il garda les paumes de ses mains contre le béton derrière lui, renonçant à faire un pas vers l’avant. Sa maison lui sembla soudain très loin. Le matin aussi. Et il regretta, évidemment. Parce que comme tout accro de ce monde, il en vient aux remords en se disant que jamais plus il ne se foutra dans une merde pareille avant de recommencer le lendemain. La beauté de la chose.

Des bruits indistincts, encore lointain, leur parvinrent. Les battements de son cœur s’accélérèrent à nouveau, finit le court instant d’accalmie. Demyan battit des paupières, étonné, en voyant l’assassin lui tourner le dos et descendre la dernière série de marches.

« Tu as le choix. Tu peux t'enfuir, courir, continuer la vie que tu menais jusqu'à maintenant et mourir à petit feu ici. Ou tu peux me suivre, même si je me doute que tu ne dois pas me voir comme un exemple, mais j'ai vécu ta merde et je m'en suis sorti. Je vis normalement, même si mon boulot et quelque peu dangereux. »

Il s’était arrêté. Pas longtemps. Mais déjà, il faisait mine de repartir. Pour la première fois depuis longtemps, le jeune russe éprouva un violent sentiment de colère. Ou d’injustice, peut-être. L’autre, vivre normalement ? Boulot quelque peu dangereux ? Il se foutait de sa gueule. Celui qui n’était pas normal, qui était dans la merde jusqu’au cou, celui qui avait tout à se reprocher, ce n’était certainement pas lui ! Il allait bien ! Il n’était pas au bord du précipice ! Et pendant que Demyan était en train de débattre mentalement de son état, gonflant son mensonge, il ne réalisait pas qu’il était déjà en chute libre et qu’il avait commencé à sombrer il y a bien longtemps.

L’émotion lui donna le coup de fouet nécessaire pour bouger. Il dévala les escaliers. Avoir le choix, non mais quelle connerie. Des belles paroles en l’air. Ils avaient eu le choix eux, les camés à l’étage, tous crevés, troués de balles comme des putains de sacs de riz sur un champ de tir !? Voilà, voilà ce qu’il allait lui dire, ce qu’il allait lui cracher. Il était écœuré, il avait peur et il en avait marre que tout lui échappe. Mais au moment où il allait ouvrir sa grande gueule pour invectiver le noireau, un vertige salement coriace eu raison de lui. Il agrippa la rampe d’une main puis le dos de l’homme, froissant sa veste entre ses doigts. L’idée de se prendre une claque monumentale lui traversa l’esprit. Il rentra la tête entre ses épaules, se cramponnant au dos plus large que le sien, plus solide aussi. Il avait envie de gerber.

« Je peux pas courir. »

Putain, réplique du siècle. Un long frisson lui courut jusqu’au bas de l’échine mais le jeune russe fut incapable de l’attribuer à quoi que ce soit. Implicitement, il demandait au noireau de l’aider, c’est ça ? Ce dont Demyan était certain, c’est qu’il ne voulait pas se faire coffrer. Il n’était pas prêt à jeter les armes, à encaisser ses responsabilités. Se faire embarquer par les flics aurait pu être la meilleure chose pouvant lui arriver, pourtant. Ou peut-être pas. Qu’est-ce qu’il en savait ? Je peux pas courir, et je veux pas mourir. Il y avait un feu qui brûlait au fond de lui, une volonté, mais il n’était pas capable de l’exprimer. Et avec du GHB dans le sang, c’était peine perdu. Ses forces l’abandonnaient déjà, le sol commençait à tanguer très légèrement.

Normalement… normalement il aurait kiffé. Il se serait étendu quelque part, sourire béat dans la gueule, en se laissant submerger par la chaleur, refoulant ce léger sentiment de panique qu’on a en sachant qu’on perd lentement le volant et qu’on devient vulnérable. Mais là, maintenant, justement, ce sentiment de panique ne le quitterait pas. C’était vraiment pas le moment de dériver, de devenir une vraie loque incapable d’aligner deux phrases et de se tenir debout. Il agrippa plus fermement les vêtements du noireau, réalignant ses priorités. La menace, en l’occurrence, ce n’était plus ce taré de la gâchette. Enfin, pour l’instant. Il devait le voir comme une aide, provisoire, même si ça lui laissait un sale goût amer dans la gorge. Juste un acteur de plus pour le trimbaler loin d’autres emmerdes, juste un inconnu avec qui il survivrait la nuit. Il l’avait fait tellement de fois, et avec des espèces bien plus pire. Alors quelle était la différence ?

La différence, c’est que tu l’as vu faire, crétin. « Si tu veux vraiment m’aider alors… fais juste me déposer… dans une chambre d’hôtel. Demain… j’aurai tout oublié… promis… » Bon sang, il devait avouer que, malgré toutes les circonstances, l’espèce de douce léthargie qui s’emparait de ses membres… ça lui faisait du bien. Quel idiot, vraiment. Il pouvait bien se foutre dans des merdiers pareil, il ne méritait pas mieux.
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« Je l'ai dans la peau » [Zess&Demyan]
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