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You caused my heart to bleed. [Tôkyô] [Feat Barrett ]

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Dim 31 Jan - 13:34
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Barrett Von Ravensworth

Le noir, la peur, la douleur. Tu le sais Ba, que je n'aime pas le noir. Tu le sais mais tu m'y conduis quand même. J'y sombre et je cesse de penser. Je ne comprends plus, je ne sais plus. Il n'y a plus rien d'autre que les abysses immensément grandes et l'air qui peine à passer ma gorge. Pourquoi as-tu fais ça ? Peut-être qu'au réveil, je ne me souviendrais de rien. Peut-être qu'au réveil, tu m'auras ramené dans un monde plus doux, dans l'univers de ma chambre, le seul endroit où je suis bien, où je n'ai pas peur. Ma chambre est rassurante. Aux couleurs chaudes, aux posters sur les murs. Je rêvais de grands voyages, je les ai placardé dans ma chambre à défaut de pouvoir les réaliser. Mon avenir est tracé sûrement, dans ma petite boutique, condamné à vivre éternellement entre les jeans et les tee-shirts, sans jamais gagner assez pour pouvoir un jour prendre l'avion et m'en aller. Pas pour toujours, je ne suis pas comme mon frère, je ne pourrais prendre mon indépendance comme ça. Maintenant j'ai besoin d'une ancre, d'un endroit où je pourrais toujours rentrer. J'ai trop vécu dans l'incertitude. Mais je veux visiter la Nouvelle Zélande, l'Angleterre, retourner peut-être en Allemagne. Mon frère et mon père ils y vont chaque année, mais moi je n'ai pas le droit de venir. Jamais. Je serais toujours l'inconnu de cette femme qui a crée mon frère et ne pourrait jamais lui dire tout ce que j'ai su le cœur. Elle ne saura jamais à quel point j'aime mon frère.

Je finis par revenir à moi. Tout tourne autour de moi et j'ai mal à la gorge. Lorsque j'entrouvre les lèvres pour prononcer le nom de mon frère avec une inquiétude sans nom, ce n'est qu'un son affaibli qui les passe. Une espèce de murmure rauque, informe. Je tousse, une grimace déchire mes traits. Mes reins me font souffrir et j'ai l'impression d'avoir les jambes broyées. Qu'est ce que je fais là ? Où est Barrett ? Je regarde autour de moi mais mon champ de vision semble limité, comme si un voile noire continuait de le recouvrir, comme lorsque ses mains... ses mains ? Pourquoi m'a t'il étranglé ? Pourquoi j'ai l'impression d'être dans une bulle ? Pourquoi mes souvenirs sont-ils si flous ? Un sanglot noue ma gorge alors que je me redresse lentement, tout mon corps douloureux. Mon sens de gravité n'est plus comme avant, il y a quelque chose qui a changé. Où est Barrett...? Je sens que mon souffle se raccourcit, qu'une panique aiguë me submerge. Des larmes reviennent se planter dans mes yeux et je me relève trop brutalement, sentant mon corps vaciller alors que je m'écrase sur le bord de la baignoire. Je ne comprends rien, je ne sais plus où je suis. Mon souffle a du mal à passer, encore une fois, et je laisse échapper un cri de peur, avant de voir la feuille au sol. Qu'est ce ? Je me plie, la ramasse, lisant avec difficulté les mots imprimés dessus.

Du sang. A qui appartient-il ? Je sens une nausée poindre dans mon estomac, mon cœur palpite, et je comprends en voyant - et en sentant - l'entaille douloureuse sur mon avant bras, un peu au dessus de mon poignet. Il m'a mutilé. Pour écrire un mot qui déchire mon cœur et m'incite d'avantage à le rejoindre, le retrouver. Où a t'il pu aller ? Je me lève, mes jambes vacillent, et je manque de m'écrouler encore une fois. Je retourne à la chambre. Ramasse mes affaires et les enfile, ne sachant pas où aller. Où irait mon frère ? Je réfléchis aussi vite que je le peux, sentant la tristesse m'envahir brutalement, la lèvre tremblante. Allemagne ? Non, il n'a que sa mère, et elle est morte. Où irait-il en Allemagne ? Je fronce le nez et songe à ses études. Tôkyô ? Peut-être bien. C'est là que j'irais en premier. Je me rhabille rapidement, ignorant toute la douleur qui me parcourt, les larmes, les bleus autour de mon cou. Je sors de cet endroit sordide, tente de rejoindre une rue que je connais mais me perds plusieurs fois. Enfin, peut-être une heure plus tard, je suis dans le shinkansen, prêt à partir, sans avoir prévenu personne, du sang sur mon haut, dans un état lamentable. Les gens m'observent, je me sens retomber à ce moment où je suis arrivé chez mon père, mais ignore du mieux que je peux tous ce regard. Seulement, a peine cinq minutes après le départ du train, les 300 ou 320 kilomètre heure ont raison de moi. Je ne supporte pas, me rend compte trop vite que ça me rend malade, conséquence de ma forme minable, et retombe rapidement dans l'inconscience après m'être levé pour aller aux toilettes.

Je ne me réveille que deux jours plus tard, dans un lit d'hôpital. Mon état est légèrement moins dégradé, mais on m'ordonne de me reposer. Des marques presque noires caressent ma gorge, seul souvenir qu'il me reste de lui en plus de la feuille aux mots crées de mon sang. Il faudra que je tourne en rond plus de trois semaines avant de me décider à partir à nouveau. Le trajet passa en un éclair, et je me demandais ce que je pourrais faire une fois à Tôkyô. Comment le retrouver ? Est-ce qu'il répondrait si je l'appelais ? Non, certainement pas si c'était avec mon téléphone. Alors en arrivant je me dirigeais vers la cabine téléphonique la plus proche, composant son numéro. Lorsque j'entendis sa voix pour la première fois depuis des semaines, je me sentis flancher et ma voix se mit à trembler.

"Barrett. Vient me chercher.. Je suis à la gare. Ne me fuis pas je t'en supplie."

Un simple murmure, avant que je ne raccroche. Je ne voulais pas entendre sa réponse et essuyer un refus. S'il le fallait, je l'attendrais durant des jours et des jours. Mais je ne repartirais jamais sans lui.


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Mer 11 Mai - 16:17
Première journée.


Le train m’expédie rapidement à ma destination. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai la nausée, parce que je dors, ou parce que je vais mal. Merde. Comment on fait déjà pour oublier quelqu’un qu’on a aimé ? Je n’ai jamais eu à me poser la question avant aujourd’hui. Rien qu’au souvenir de l’être que j’ai sans doute tué, mes yeux s’embuent de nouveau de larmes que j’ai vite fait d’effacer à l’aide de ma manche. Je m’essuie le nez avec et replace mes lunettes. Comment on fait déjà… pour oublier ?

Première semaine.

M’adapter est plus difficile que prévu. Pour les fortes têtes dans mon genre, si on n’a pas la carrure, on est vite remit à sa place. Ma place… je suppose que je l’ai trouvé dans cette piaule minable où je cohabite avec les rats, avec les cadavres de canettes de bières que je bois les unes à la suite des autres. Mon environnement tout bien rangé et cadré… j’avoue qu’il me manque.

Je pense moins à Colt, parce que je n’y suis pas confronté. Ni à la violence. Tout m’énerve, je tiens juste à garder mon sang froid et ne pas avoir de gestes qui pourraient me causer du tort. Quand, lors des trois premiers jours, on en prend plein son grade juste pour avoir regardé un type de travers, on revoit un peu l’ordre de ses priorités.

Des grands, comme moi, et plus comme lui, on n’en croise pas tous les coins de rue. Les cheveux clairs sont plus rares encore. Alors je crois que j’y pense, mais que je ne me sens pas mal, parce que son image ne me hante pas. Ne me hante plus. Pourtant… il y a ses nuits agitées et avec un sommeil assassin où je revois encore et encore son visage tuméfié, sa gorge rougit, sa peau laiteuse et la vie qui le quitte.

Je travaille donc de nuit. Enfin, travailler est un bien grand mot, avec mon intelligence, j’ai su trouver le bon filon pour gagner assez et rapidement. Payer mes études que je compte reprendre un jour. Mais je ne dis pas pour autant que ça nage dans la légalité. Quel monde pourri, et je ne parle pas de notre chère planète.

Deuxième semaine.

Je ne parviens pas encore à bouger de mon lit. Enfin, le matelas éventré qu’on m’a gentiment refilé. J’ai sincèrement cru que le lépreux qui était mort dedans allait me refiler la gale, tout ceci reste assez imagé. Je ne me suis pas lavé depuis deux jours je pense. Pas que je n’ai pas d’eau chaude et de savon. Je ne sais pas bouger autre chose que mon bras pour piocher deux-trois snacks qui sont à portée de main.

Le temps m’endurcit, me rend certainement patient. Mais pas quand je l’ai croisé. Ce connard trop grand, avec ses yeux verts en amande. La même couleur que lui. Lui et encore lui. J’ai hurlé à n’en plus pouvoir, je lui ai éclaté la gueule. Je suis bien content de savoir qu’il est dans un état pire que le mien. Bien fait pour sa gueule, à mettre à plat mes sentiments et me refoutre encore plus profondément encore dans un état que je ne me connaissais plus depuis trop longtemps.

Quand je peux me lever de nouveau, je jette ce matelas, et je préfère ne pas penser à toutes les façons que j’ai eu de me vider dessus. Je me lave, trois fois. Et je mange, avec appétit. J’ai perdu du poids, c’est pas glorieux, ma vie ne l’avait jamais réellement été, mais là, c’est pire encore. Je tente de trouver davantage d’occupations. Je dors le moins possible, où je m’assomme de somnifères. Des nuits noires et sans rêves. Sans lui.

Troisième semaine.


Je reprends un train de vie, pas correct, mais qui me va. Je ne pense plus à rien d’autre que ce que je fais, j’ai l’impression que mes cachets me font un lavement de cerveau plutôt sympa. Je ne replonge pas. Je suis bien, je sais que je ne vais pas replonger. Même cet autre connard ne me dit plus rien, avec ses grands yeux verts. Il me fait un peu pitié.

Quatrième semaine.

J’ai cru sérieusement mal m’en tirer quand la brigade des stup’ a voulu me faire un contrôle. Bien heureux d’avoir tout vendu à ce moment là. Mais il y a toujours des traces. L’amande que ça me laisse m’arrache mes économies. Je ne sais pas si je peux encore compter à celles que j’avais sur mon compte avant. J’ai pas envie de retrouver cette vie là, elle ne me manque plus.

Mon téléphone est toujours ouvert et ne gronde pas de messages, ni de demandes de nouvelles. Les gens s’en battent certainement les couilles. L’emmerdeur n’est plus là. Heureusement que je n’y suis plus tiens. Nikola me manque… surement un peu. J’sais pas, je ne m’encombre plus de rien avec l’idée qu’après un mois, mon futur ne viendra plus me faire chier. Un mois, c’est long.

Quatrième semaine, et deux jours.


J’entends sa voix pour la première fois depuis un mois. Et sa voix… je ne sais pas. Un torrent d’émotion me submerge et je ne sais pas lui répondre. Je ne le sais pas, un étau resserre ma gorge et tout se comprime. Il a raccroché avant que je ne puisse faire quoi que ce soit. Je pleurs. Je pleurs tout mon soul.

Quatrième semaine, et trois jours.

J’ai sans doute pleuré les larmes de mon corps et je retrouve mon impassibilité. Je suis plus grand que la moyenne, et blond. Alors je mets des lunettes de soleil, une casquette, je suis habillé en noir, entièrement. Je le vois, je le reconnaitrais entre mille.

Je suis presque à côté de lui, personne ne saurait me reconnaître, mais je suis sûr que lui oui. Et pourtant, je ne dis qu’une seule chose. Une seule et unique chose.

-Repars.
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Lun 16 Mai - 14:09
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Barrett Von Ravensworth

Ca aurait pu être un train comme un autre. Un voyage comme un autre. Pourtant, tout était différent. En arrivant à Tôkyô, j’avais ressenti la même terreur brute que lorsque ma mère m’avait mis à la porte de chez nous avec seulement un sac contenant mes affaires. La même colère. Et l’envie de courir les rues à sa recherche. Parce que Barrett me devait des explications, et encore bien d’autres choses qu’il m’était impossible de nommer à voix haute. Il y avait quelque chose en moi qui hurlait. Le simple fait de penser à lui la faisait se débattre, la mettait dans un état que je ne pourrais décrire. Parce que ces gestes qu’il avait eu envers moi étaient bel et bien restés ancrés au fond de mon esprit et il me faudrait un temps pour lui faire à nouveau confiance. Mais j’avais besoin de lui. Plus que quiconque. Il était le remède à tous mes maux, le seul capable d’apaiser mes cauchemars, de rendre mes nuits plus douces. Car depuis l’enfer vécu il y a un mois, je pataugeais dans une douleur épaisse, dans des rêves trop sombres, et souvent je me réveillais à 3h du matin, hurlant et pleurant, tremblant de tous mes membres, encore à demi plongé dans des souvenirs qui s’éparpillaient, se confondaient. Combien de fois l’avais-je vu débarquer dans ma chambre fermée à clé afin de se coucher à mes côtés pour me rassurer ? C’était comme des songes, des songes éveillés que je n’arrivais pas à contrôler. Mon cœur se serre. Personne n’a répondu lorsque j’ai appelé mon frère. Seulement je sais qu’il était là, au bout, parce que le souffle tapis de sa respiration est parvenue jusqu’à moi. Il tente de se planquer. Il fuit et je me retrouve démuni, sans savoir quoi faire. Peut-être faudrait-il que je rentre à la maison ? Que je retourne chez mon père à qui je n’ai pas adressé deux mots depuis que je suis rentré de cet hôtel miteux ? Il n’a pas eu le droit à une explication, j’ignore si Barrett lui en a envoyé. Je me suis renfermé comme une huître, blotti dans ma souffrance, à chercher des bribes de souvenirs joyeux à ses côtés. Bien sûr, j’en ai trouvé, mais toujours leur lumière a été remplacé par l’ombre, par la trace qu’il me reste de ce qu’il m’a fait, par la folie qui imprégnait son corps.

Pourquoi a t-il fait ça ? Mon corps se dirige lentement vers un banc. Le sapin de mes yeux a depuis longtemps abandonné cet éclat lumineux et je sais que certains curieux me fixent. Je suis trop tout pour être japonais. Trop grand, trop maigre, presque un squelette. Combien de kilos ai-je perdu en seulement un mois ? C’est difficile à dire, je ne me pèse jamais. Mais je sens. Je sais. Que je suis prêt à me briser à la moindre difficulté qui se trouve face à moi. Que tout ce poids qui pèse sur mes épaules finira par me tuer. Un homme à côté de moi plante ses yeux noirs dans les miens. Je le laisse faire, le laisse me détailler, tente un sourire tandis que mes lèvres s’entrouvrent, peut-être pour laisser un mot s’échapper. Seulement ce n’est qu’une esquisse, un brouillon sur mon visage, un souffle plus rauque qui se fait entendre, sans que rien ne ressemble à une parole. Il détourne le regard. Sûrement trop gêné d’assister à un tel spectacle, à cette déchéance qui me dévore. Chaque jour. Un pas après l’autre. À cause d’un espoir assassin. Ma gorge se noue, mon cœur me fait souffrir. J’attends. J’attends de longues minutes, des heures, que le visage de mon frère apparaisse, mais la nuit doucement descend, et je dois me lever sur des jambes endolories afin de me trouver un endroit où dormir. Mes pas sont hésitants. Chancelants. J’hésite, me retrouve à la porte d’un hôtel. Trop luxueux. Je décide de ne pas y entrer, sachant que je n’aurais pas de quoi me le payer avec les maigres économies que j’ai pris – car en bon boulet j’ai oublié mes cartes. Mon chemin se poursuit, la quête d’un lit aussi. Jamais je ne me décide. Ceux qui sont trop vétustes ramènent dans mon esprit des souvenirs que je préfère oublier bien vite pour ne pas resombrer dans un état si lamentable que s’en serait fini de mon existence. Au bout d’un moment, épuisé, je me roule en boule sur un banc, serré au creux de mon sweat trop grand. Presque un enfant vu de loin, si mon corps n’était pas si grand. Mon estomac me tiraille. Depuis combien de temps n’ai-je rien avalé ? Je ne sais plus. Je pourrais aller me réchauffer une heure ou deux dans un combini, acheter quelque chose pour me remplir la panse, mais l’incertitude me noue la gorge et l’estomac, et je risque de tout rejeter.

Je reste sur le banc. Fixe le néant, me réfugiant dans mes pensées pour échapper à toutes ces douleurs qui me traversent. Et la nuit passe. Passe lentement. Lorsque vient le jour, je retourne à la gare, les yeux sûrement soulignés de cernes encore plus prononcées que d’habitude à cause de cette nuit blanche, transi de froid, chancelant, tenant à peine sur mes jambes trop longues. Elles me lâcheront sans doute avant la fin de la journée. Je serais conduit aux urgences, j’aurais quelques repas chauds. On appellera mon père, ou mon frère si je leur donne son numéro. Il ne viendra pas parce qu’il n’en a plus rien à faire de moi. Alors on me dira que je dois rentrer chez moi, que c’est le mieux, pour moi, pour lui, pour notre père. Que je dois cesser de traquer un fantôme qui m’a fait souffrir. Ma tête tourne. Un instant j’entrevois une ombre passer sur mon corps, et j’ai à peine le temps de lever la tête qu’une voix que je ne connais que trop bien se diffuse jusqu’à moi. D’abord je ne fais pas attention à ce qu’elle me dit, juste à ce timbre qui m’arrache quelques frissons. Puis, le mot en lui-même me fait sursauter. Repartir ? Croit-il que je l’ai attendu toute une nuit pour qu’il me dise de m’en aller ? Je me lève et mes poings se serrent. La colère revient, trop intense, mais ma vue qui se brouille à cause de la rapidité dont j’ai fait preuve m’empêche heureusement de lui en coller une. Mes prunelles se sont assombries. Menaçantes, plus qu’avant. Comme si ce qu’il c’était passé dans cette chambre miteuse m’avait fait grandir, mûrir, comprendre que je ne dois rien céder à mon frère. Jamais. Sinon un jour j’en mourrai. Si j’ai des questions, je dois les poser jusqu’à ce qu’il me réponde. Mes yeux le foudroient, je sens mes joues s’empourprer, quitter cette pâleur extrême pour la première fois depuis mon arrivée. Mes lèvres se pincent, s’entrouvrent, cherchent à se libérer de mots trop encombrants.

  « Pourquoi  ? Pourquoi repartirai-je maintenant ? J’ai besoin de comprendre, Barrett, et tu es le seul capable de m’expliquer ces gestes que tu as eu cette nuit là. »

Ma voix est douloureuse, serrée, je ferme les yeux un instant, tentant de résister au malaise qui vient se loger dans mon corps.


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Mar 28 Juin - 16:05
Il y a quelque chose de changé dans son comportement, mais je ne saurais dire quoi. Ou alors je refuse de me l’avouer. Son regard noir, son air impassible –qui, au passage, lui sied à merveilles. Il n’est plus le Colt que j’ai laissé pour mort dans une chambre miteuse, d’un hôtel en ruines.

Et c’est entièrement de ma faute. Je le sais. Pourtant, la culpabilité semble ne pas vouloir me prendre à la gorge comme ça aurait dû être le cas.

J’ai trop voulu me détacher d’un type comme lui. Il peut faire tant de dégâts que je n’ose pas l’approcher, je ne le peux pas. Je reste néanmoins à côté de lui, je l’écoute parler. Sa voix est encore plus vivace qu’hier. Sa voix… celle qui m’a manqué, mine de rien.

Mais je le sais, ce mois ici m’a apprit à comprendre ce que je faisais de mal. Aussi que ce que je ressentais était mal. Je ne peux pas aimer un frère comme on aime une autre personne : c’est malsain. Il est temps pour moi de rendre les armes, et tenter de faire une vie meilleure, ailleurs.

Il souffre. Il a raison. Je regarde à peine dans sa direction, il est beau. Mais maigre, il n’est plus que le fantôme de lui-même. À vrai dire, je ne sais pas si je lui ai vraiment ôter la vie ou non. Ma main cherche la sienne. Il a raison, je le sais, et je lui dois des explications. Peut-être… qu’après tout ça je retournerais à Hiroshima. On reprendra notre vie banale, de frères qui sont élevés par un père qui mène une vie de dépravé…

Juste de frères.

Je serre sa main dans la mienne, doucement. Je ne le regarde plus et je me contente de marcher jusqu’à la première station de métro, tout va vite, les tickets que je paye. Tu vois, Colt, c’est de l’argent sale… ne reste pas trop avec moi. On prend la rame, puante de sueur de mecs louches, de types qu’il ne faut pas fréquenter, de putes en tout genre qui pour gagner leur vie… Allez, mon chou… seulement cent yens la pipe !

Je ne sais pas si je veux lui montrer l’endroit où je vis actuellement. Pas pour l’insalubrité de l’endroit, après tout, Colt peur s’enorgueillir de me connaître mieux que quiconque sur cette fichue planète, juste parce qu’il saura où j’habite et pourra y revenir à sa guise.

Je ne sens plus rien d’autre que cette main que je serre dans la mienne. Je ne l’entends pas s’il me parle, je reste fixé sur mon objectif de l’enfermer dans mon appartement miteux, parce que si je pense à autre chose, je vais me dégonfler.

Je prends le journal en sortant de la bouche de métro, je l’ouvre et me fond dans la masse. J’y parviens à peine, parce que je ne lâche toujours pas mon grand-frère, je ne le lâche pas, je le tire encore et encore derrière moi et on sillonne les rues, je marche vite, je sais qu’il saura me suivre avec ses longues jambes. J’en doute un peu vu sa carrure, il a vraiment trop maigri… Je le ferais manger une fois chez moi.

Les rues se succèdent et deviennent de plus en plus sales, encombrées de déchets en tout genre, sans doute de cadavres, qui sait ? L’appartement dans lequel je suis n’est pas mieux loti. J’ai ajouté des verrous sur ma porte, et les fenêtres ne peuvent plus être ouvertes. Je me balade toujours avec une arme sur moi, mais je le cache à Colt, il n’a pas besoin de savoir à quel point je suis tombé bas depuis mon arrivée ici.

Je lui ouvre et je ferme aussitôt derrière nous. Contrairement au reste de l’immeuble, l’appartement est à l’image de mon ancienne chambre. Blanche, ordonnée, vide de décoration. Pas même une seule photo. Il y a trois canettes de bière vides qui traînent sur la table et mon canapé n’a pas été replié. Faute de quoi, je dors dans cette pièce. Il n’y a qu’une salle de bain autrement, et la cuisine est même attenante au salon.

-Tu ne peux pas rester ici. C’est trop dangereux pour toi !

J’accompagne ma parole d’un large geste du bras. Peu à peu, je sens que l’énervement me guette. Parce qu’on est plus à l’air libre. Encore une fois, dans cette petite pièce, il n’y a plus que lui et moi. Et mes erreurs qui me sautent à la gorge et tentent de m’étrangler.

Je claque vivement le journal sur la table basse et il se renverse au sol. Il s’ouvre sur une page au hasard et je me fige sur place. Toute ma tension retombe. Je ne comprends pas… Je vois bien le titre  mais je ne veux pas comprendre. En gras, on peut lire : Meutre horrible dans les rues de Hiroshima. Simple malchance, ou règlement de compte mafieux ? Avec pour seule image accrocher à l’article, celle de notre père.

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Mar 19 Juil - 13:39
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Barrett Von Ravensworth

Il me paraît un instant être dans un songe, ou plutôt dans un monde parallèle. Nous avançons à travers cette ville que je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de visiter. Nous avançons et je ne regarde pas. Je me contente de ressentir pleinement cette chaleur au creux de ma paume. De me laisser guider à travers des rues et les stations de métro comme un aveugle avec son chien. Je lui fais confiance. Pas pour tout, mais en cet instant, si. Je sais qu'il n'ira pas me confier dans un bordel ou un truc dans le genre. Qu'il ne me vendra à aucun trafiquant. C'est mon étoile. Alors je le suis, ombre dans ses pas, frémissant, impatient d'arriver. Qu'elles me font mal mes jambes trop longues. Pourtant je ne me plains pas et je continue à avancer, trébuchant parfois, grimaçant légèrement. Ça pue, la rue dans laquelle nous passons. Ça me rappelle ma petite ruelle d'Allemagne, celle où était encastré notre appartement et où j'ai grandi. Il ne l'a jamais vu lui. Il ne savait pas ce que c'était d'habiter dans un endroit si petit que l'on se marche constamment dessus. Et je ne l'en blâme pas bien sûr. Mais maintenant il comprend. Il n'a plus le droit de se moquer de moi. Plus le droit de me cacher tant de choses. Désormais il est dans une situation qui est trop semblable à la mienne pour me repousser. Alors je le laisse me faire découvrir sans lui dire que j'ai l'impression de retomber en enfance.

De n'être qu'un petit bonhomme s'accrochant à la main d'un aîné comme une ancre, au risque de se perdre dans un monde trop grand pour lui. Et je m'y accroche à cette main, je m'y accroche comme à une bouée, mon souffle légèrement raccourci alors que je songe que si je la lâche je risque de mourir une énième fois. Comme lorsque ma mère m'a collé à la porte, quand papa a commencé à abuser de mon corps, que mon petit frère a fait de même par la suite. Comme dans cette salle de bain ignoble dans laquelle il a serré mon cou jusqu'à le rendre écarlate et broyé. Mon cœur s'affole et je presse mon flanc contre le sien, observe à la dérobée ses cheveux blonds, son visage, puis nos doigts mêlés. Sa chaleur m'a manqué. Je m'en rends encore plus compte maintenant qu'il me fait entrer chez lui et rompt le contact, m'arrache un regard emplis de détresse. Mais tout va bien n'est-ce pas ? Nous sommes tous les deux, dans une pièce et plus dans les rues. Pourtant l'entendre me crier dessus me fait faire un pas en arrière, rompt encore d'avantage la distance tandis que mon cœur bat avec violence dans ma poitrine serrée. Trop dangereux ? J'éclate d'un rire amer en secouant la tête, une moue blessée coincée au coin des lèvres, baissant le visage. Mon regard tombe sur l'article au moment où la page s'ouvre dessus. Le visage de mon père me saute aux yeux, puis le titre. Le titre qui me fait trembler. J'approche à grands pas, arrache au sol cet article qui concerne mon père, peine à croire ce qui est écrit.

"Ce n'est pas possible... J'étais avec lui encore avant hier..."

Mon cœur se serre et je lève un regard terrifié vers lui. Mort ? Notre père ? C'est impossible. Qu'est-ce qu'on va faire ? Mes dents grincent, je recule jusqu'au lit, laisse tomber mon cul dessus pour m'y recroqueviller. Mon estomac me fait mal. Chaud, froid, douleur, pensées brouillées. Un bout de tristesse posé sur le cœur. Mon père n'a jamais pris soin de moi. Mais c'était mon père. Celui qui a mit ma pute de mère enceinte, et celle de Barrett. Sans lui, je n'aurais pas de frère. Je n'existerais pas. La vie n'habiterait pas mon corps, oui. Sans lui, je n'aurais pas été maltraité par ce gamin, je n'aurais pas connu des agressions trop violentes pour un si jeune âge. Il ya  du bon et du mauvais. Du sang et des larmes, quelques sourires peut-être. Ouais. Mais pas que. Il y a sa mort désormais, froide et impersonnelle à travers un papier. Et nous deux dans cette pièce. Ce corps que j'ai envie d'étreindre et de garder pour moi, son odeur que je veux inspirer à pleins poumons, sa peau qui doit se coller à la mienne. Et sa présence pour abattre sauvagement les cauchemars qui broient chacune de mes nuits. Je ne me lève pas comme j'aurais pu le faire il y a quelques mois. Je ne me précipite pas sur lui pour un câlin. Je le regarde et j'ignore quoi faire. Puis j'enfouis mon visage dans mes mains, soudainement. Une phrase passant en un murmure.

"Je l'ai tué.."

Si je n'étais pas venu jusqu'ici. Si j'étais resté à le protéger. Si je l'avais convaincu de rester à mes côtés pour parler, regarder un film, commander une pizza. Mais l'aurais-je fais alors que le stress augmentait à chaque fois que nous étions dans la même pièce ? Je ne sais pas. Je n'en suis pas sûr.

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Mer 2 Nov - 14:13
Quand bien même je n’étais pas le frère aîné, c’était mon rôle de le protéger tout de même, mais après ce qu’il s’était passé entre nous… ça devenait un peu plus délicat. Pourtant, Trigger avait été la seule personne au monde qui nous avait rapprochés. Et c’était sans doute la seule chose pour laquelle je devais le remercier –enfin, aussi d’avoir assuré des années qu’on ait un toit sur notre tête et de la nourriture dans notre assiette. Dans l’ensemble, il avait été un enfoiré de premier rang. Mais un enfoiré qui avait tout fait pour ses enfants. Tout, jusqu’à nous faire passer le stade de la puberté de la plus violente et douloureuse des façons.

Mais… j’en étais sûr, sans notre père et ses folies déraisonnées, jamais je n’aurais eu ce lien si particulier que j’avais actuellement avec Colt. Maintenant, il est devant moi, mon frère, et il se tient assit dans le canapé avec ce journal dans les mains à déblatérer des conneries pour lesquelles je devrais me rapprocher, le secouer et dire que rien n’est de sa faute. D’ailleurs, ça ne l’est certainement pas.

-Colt, écoute… depuis toujours on sait qu’il traîne dans des affaires louches. Il faut dire qu’entre la prostitution et la drogue nous n’avons pas eu un bon modèle…Et…

J’hésite à terminer ma phrase, parce que dans ma tête, le raisonnement se fait si vite que je ne peux pas empêcher mes pensées. Colt doit partir, parce que moi-même je ne traîne pas dans de belles affaires, moi-même je commence à prendre ce tournant. À reproduire ce schéma que j’ai toujours connu. Ô grand jamais je ne vendrais mon corps, il n’appartient qu’à moi, mais ici à Tokyo, c’est plus facile pour moi d’évoluer, de me faire de l’argent facile. De l’argent sale…

La tête basse, je regarde Colt qui pleure, de fines larmes coulent sur ses joues et je ne sais pas me résoudre à le briser un peu plus que je ne l’ai déjà fait. Je suis tellement partagé entre ce que je ressens et ce que je dois faire que je me perds moi-même… Je ne suis certainement pas assez âgé pour prendre des décisions. Pas assez… intelligent. Contrairement ce que je disais toutes ces années. Merde.

Ça ne sera pas simple. Ça ne le sera plus jamais parce que je ne suis pas majeur et lui, à peine. Parce qu’il va devenir ma tutelle aux yeux de la loi et qu’il deviendra « un père » pour moi. Et qu’il ne sera mon frère que de part la différence d’âge entre nous. Qu’il ne sera l’homme que j’aime que par le regard que je poserais sur lui. Qu’il ne sera l’homme que je dois faire fuir que par mes attitudes envers lui.

-Colt… quand tout sera réglé, à Hiroshima, quand les papiers seront réglés concernant Trigger…

Son prénom m’écorche la bouche et le dire de vive voix me fait plus de mal que ce à quoi je m’attendais. C’est cruellement assassin de mourir ainsi et laisser deux gosses derrière. Laisser deux enfants l’un avec l’autre comme nos mères l’ont déjà fait et là… j’en veux au monde entier.

Je veux lui montrer que je suis fort pour lui, et pour moi. Alors je viens m’asseoir à ses côtés. Je prends d’abord sa main sans le regarder, et à l’instant où ma tête se pose contre son épaule, je me rends compte que je suis le plus égoïste de nous deux. Je me rends compte d’à quel point cette perte fait mal et que j’ai besoin de la présence de mon aîné.
Alors je pleurs. Je pleurs avec Colt.
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Mar 15 Nov - 9:14
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Barrett Von Ravensworth

Mon père était l'un de ces hommes qui profite de chaque situation. Il a profité de nous. De nos corps à peine sortis de l'enfance. Il nous a tout appris par la force et la douleur. Il nous a forcé à nous rapprocher l'un de l'autre avec mon frère, de la pire des façons. Parce qu'il nous torturait, Barrett se vengeait sur moi. Sans ça... Sans toute cette merde, ces viols – parce que s'en était des viols –, cette violence qu'il pouvait parfois avoir à notre égard, Barrett ne serait jamais venu dans ma chambre pour épancher sa peine sur moi. Au creux de mes cuisses. Bien sûr il ne se souciait pas de moi, si j'aimais ou non. Il s'en est toujours foutu. Mais je suis devenu à lui parce que contrairement à notre père, il était moins effrayant. Plus jeune, plus frêle. Tout aussi violent mais si j'avais eu la volonté nécessaire, j'aurais pu le repousser. Pourquoi je ne l'ai jamais fait ? Parce que je voulais qu'il m'aime. Je voulais qu'il me regarde et qu'il ne voit que moi. Être particulier pour lui. Lui servir à quelque chose. Parce que je n'avais pas les mots pour le rassurer, pas la force de le protéger, j'ai donné tout ce que j'avais pour lui. Et finalement mon petit frère est devenu mon sauveur, alors que c'était à moi de tenir ce rôle. Un frisson court sur mon échine et mes larmes coulent. Je ne fais rien pour les arrêter, j'ai mal c'est tout. Mal comme jamais. Mon père était sûrement mon pire ennemi et aujourd'hui il est mort. Pourtant je m'en veux, bien que ce soit difficilement compréhensible. La tête de Barrett échoue alors contre mon épaule. Je tremble, hésite. Puis finalement ma tempe vient se poser contre son crâne et je laisse libre court à ma peine. Les larmes amènent doucement le soulagement, parce que maintenant nous sommes tous les deux. Ensemble. Juste lui et moi. On s'en sortira n'est-ce pas ? Je ferais tout pour lui, pour mon petit frère.

« Je t'aime Ba'... » que je murmure au milieu d'un sanglot.

Puis mes doigts s'emparent de son menton et redressent son visage. J'approche ma bouche de la sienne, hésite à nouveau, puis lui vole un premier baiser maladroit et rapide. A peine un contact. Il m'a tant manqué, nous avons été séparés depuis trop longtemps. Même s'il a failli me tuer, même s'il est parti comme un couard après avoir tenté de me dégoûter de lui. Comment aurais-je pu l'être ? Il a toujours été comme ça. Il m'a toujours pris en poupée gonflable, en parfaite pute qui écarte les cuisses pour lui, qui le console malgré mes propres humeurs. Aujourd'hui je voudrais que ça change, mais je ne sais pas comment le lui montrer. Je veux emmerder le monde et vivre, vivre vraiment, sans mes peurs et mes cauchemars. Me blottir contre son corps quand j'en ai envie. Découvrir un peu de tendresse émanant de lui aussi. Un semblant de douceur ou d'amour. Je demande sûrement trop, je m'en contrefous. Lui il le sait que je l'aime. Il l'a toujours su et je ne le lui ai pas caché. Avec une famille si particulière, le mot inceste n'était pas une tare dans mon esprit. Après tout, je m'en contrefous des autres.

Je reviens alors à la charge dans un nouveau baiser, et mes dents mordent ses lèvres. Je lâche un grognement, attrape son haut et l'oblige à grimper à califourchon sur mes genoux. Mes bras s'enroulent autour de sa taille, pas un instant je ne cesse de pleurer, mais tout ça fait tellement de bien. Comme une impression de se purger de nos malheurs, de combler le vide qui habite ma poitrine. Pourquoi mon père est-il mort comme un lâche, sans même avoir les couilles de me dire au revoir ? Pourquoi m'ont-ils toujours tenu à l'écart de tout ? Pourquoi n'ai-je jamais eu le droit de faire réellement partie de la famille ? Ouais j'ai un max de questions et pas forcément quelqu'un pour y répondre. Barrett nie cette dernière mais je voudrais qu'il comprenne que m'avoir tenu si longtemps à l'écart de sa mère, c'est m'avoir tenu loin d'eux. Loin de leur vie. Je n'ai jamais eu ma place entre eux. Maintenant qu'il est mort, peut-être que ça va changer ? J'ai peur qu'il s'éloigne de moi et que toute notre vie soit en bordel à cause de ce connard de père. Je ne veux pas qu'il s'en aille ou qu'on me l'arrache putain. Je veux garder mon frère près de moi. L'obliger à revenir à Hiroshima. On pourra continuer. On pourra, ensemble...

 « Ne m'abandonne pas Barrett... Reste avec moi... Tu me manques tellement, j'ai envie de crever quand tu n'es pas là... »

Mes lèvres, contre les siennes, viennent prononcer ces quelques mots. Je glisse ensuite mon nez le long de sa joue trempée, récolte une larme du bout de la langue. C'est salé et unique, c'est lui, sa saveur. Mes propres larmes s'enfuient toujours dans le plus grand des silences, protégées par les 4 murs de cette chambre, car qui pourra nous voir ? Il n'y a que nous et nos retrouvailles presque silencieuses. Trop dramatiques peut-être. Qu'importe. Nous sommes aussi tristes que soulagés. Libres de vivre nos vies désormais. Le joug paternel nous ayant été retiré.

_________________
Marchi Ba:
 
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You caused my heart to bleed. [Tôkyô] [Feat Barrett ]
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