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Ba. [Barrett Von Ravensworth] [Terminé]

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Jeu 9 Avr - 16:29
Les basses crachent, crachent un flot incessant de musique distordue et crillarde, assommante et assourdissante, brûlante, étouffante. Il fait chaud. L'alcool coule dans ma gorge, dans mes veines, comme un dangereux poison, liquide du serpent. L'alcool me brûle, me tue lentement. L'alcool passe, mord, secoue mon être entier avec une violence sans pareille. L'alcool consume. J'ai mal. Je ne contrôle plus mon corps, mes actes me semblent insensés, mon cerveau est vide dans cet endroit emplis de monde, de musique et de lumières. Celles ci agressent mes yeux sensibles, elles les atteignent par flashs, comme ceux des appareils photos. J'ai si mal aux yeux, aux oreilles, à la tête, que je ne fais pas attention à ce qu'il se passe autour de moi. Il est là, contre moi, et il se frotte. Son bassin se love contre mes fesses, je le sens à peine et pourtant il est bien là. Il bande. Je frissonne un peu, lève le visage vers le plafond, avant de jeter ma tête vers l'arrière pour la poser sur son épaule, laissant mes paupières s'abaisser et voiler mes prunelles marquées par le vice dans un grognement de bien être. Ses lèvres se posent sur mon oreille, m'arrachent un sursaut violent, me ramenant alors dans une réalité brutale et imparfaite.

Je me demande ce que je fais là. Pourquoi je suis dans ses bras. Pourquoi je laisse courir ses doigts de feu sur mon torse alors que je ne supporte pas les contacts des autres personnes en dehors de mon frère et de mon père lorsque je suis sobre. Pourquoi cette anxiété permanente qui m'habite depuis plusieurs jours n'est pas là ce soir, alors qu'il me touche tellement étroitement, familièrement. Je sens même ma peau frissonner à son contact, non pas de dégoût, mais de contentement parce que j'autorise enfin quelqu'un à courir dessus, mais mon cerveau, mon cerveau lui me rappelle à l'ordre et me maltraite.

Je sens une peur, une peur intense monter, mais mon corps ne m'obéit plus, je ne parviens pas à bouger, à me dégager de la chaleur de ses bras. Qu'est ce qu'on m'a fait pour que je sois comme cela ? Pourquoi ? Pourquoi je ressens tout aussi fort ce soir ? Est-ce que c'est l'alcool que j'ai bu ? Est-ce que je vais m'abandonner à lui alors que je n'ai laissé qu'un mot sur la table de la cuisine pour indiquer où je suis et donc que personne ne viendra me chercher si je ne peux pas rentrer parce qu'ils n'auront sûrement pas vu ce mot ? Il me pousse vers les toilettes et mes pieds avancent d'eux même, traître et perfide, ne me laissant plus le choix de décider de ce que je veux ou non. Il est grand lui aussi, pourquoi il est grand comme ça ? Et il me plaque sauvagement contre la cabine d'une des toilettes, comme si j'étais seulement un jouet, une poupée que l'on peut utiliser à sa guise, que l'on peut briser, faire saigner, marquer. Ses lèvres s'écrasent sur les miennes et je détourne le visage. Il grogne, me jette un regard mauvais.

"Laisses-toi faire."

J'amène une main tremblante à ma poche et cherche mon portable, dans un état totalement léthargique. Le bruit de ma respiration me parait trop fort, j'ai l'impression qu'il n'y a que ça au monde, ma respiration. C'est effrayant comme c'est fascinant. Alors sans écouter ce qu'il dit, je compose le numéro de mon frère, porte l'appareil à mes oreilles et attends. Bip. Sa main se faufile sous mon tee-shirt et je sens la nausée pointer. Bip. Les larmes montent et le dégoût encore plus, pourtant je ne réagit pas, ne bouge pas, ne me fonds pas sur ses doigts. Bip. Je sanglote un peu plus et soudain entend qu'on décroche. Je crois que c'est lui mais je ne sais pas. Je ne sais pas non plus quelle heure il est, quel jour nous sommes. Les heures ont passées à une vitesse effrayante.

"Ba.. Barrett.."

Je sanglote un peu plus et me débat un peu. Ses mains sont trop entreprenantes, trop douloureuses sur mon corps tremblant. Ma gorge se serre et mes yeux se posent sur lui.

"Non.. Me touchez pas !"

Un instant j'oublie le téléphone et je me débat un peu plus. Sa main claque violemment sur ma joue et il gronde tel un prédateur que je dois me tenir tranquille. J'ouvre de grands yeux, le regarde d'un air terrifié, et me mets à pleurer plus fort.

"Ba ! Sauves-moi..!"

La nouvelle baffe que je me prends envoie le téléphone valser à terre. Je l'ai lâché. Je tente de le récupérer, il est toujours allumé, il est toujours en train d'appeler mon frère, mais l'autre m'en empêche. Il me retire de force mon tee-shirt et je le gifle à mon tour. Seulement il attrape mon poignet, le tord et m'arrache un hurlement de douleur. Les larmes sont là, de plus en plus fortes, et je cherche un souffle difficile, l'autre me pelotant, marquant mon cou comme si j'étais du bétail, me faisant crier de peur et de colère en même temps. J'ai peur.
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Mer 29 Avr - 0:40
»Lettre à Elise » résonnait encore dans ses oreilles, enfin, ce fut même quasiment au début de la mélodie que son fichu téléphone avait décidé de sonner. Comme s’il en avait besoin… Le printemps arrivait avec son souffle frais, charriant avec lui les examens du lycée. Seul, accoudé au bureau, il regardait avec intérêt ses livres de calligraphie, du Matsuo Bâsho.

Le livre en cuir marron, dont les pages étaient légèrement jaunies et cornées, sentait le vieux et l’odeur caractéristique des vieux ouvrages, c’était agréable et apaisant. Autant dire qu’il n’était en rien énervé.

La sonnerie intempestive de son cellulaire –« The poison » de Bullet For My Valentine- gâchait ce moment de bien-être, propice à l’apprentissage. A ne pas s’y tromper, ça devait encore être son crétin de frère qui était trop saoul pour retrouver le chemin de la maison. Ce n’était pas la première fois, cet empoté avait toujours le flair pour se fourrer dans les situations les plus délicates –à croire qu’il le faisait exprès.

La mélodie s’accentua légèrement, ce passage était bon, l’adolescent soupira d’aise en fermant son recueil. Agréablement bercé, il décrocha sans prêter d’attention réelle à ce que le saoulard pouvait bien lui raconter. Il avait du laisser un papier sur la table en espérant qu’une fois encore quelqu’un viendrait à la rescousse.

Dehors la nuit était déjà bien élevée, l’éclat argenté de la lune s’échouait sur le bureau blanc sur lequel il avait les bras croisés, ne prêtant pas attention une seule seconde aux suppliques de son frère –même s’il ne semblait pas autant alcoolisé cette fois-ci. Quelle idée de boire en même temps ? Car si Barrett avait l’alcool bagarreur, d’ailleurs pas seulement, Colt lui, il était plutôt du genre à se sentir comme sous GHB les premiers instants.

S’il portait encore la chemise blanche de son uniforme scolaire, il avait troqué le bas de son gakuran contre un pantalon en lin noir lui tombant de façon relâchée sur les hanches, ses lunettes parfaitement en place alors que le tic immuable de son poignet remettait en place sa montre. Si tard…
La cadence accéléra quelque peu encore une fois, laissant derrière elle une trainée plus forte, avant de se calmer et reprendre sur les notes initiales qui restaient, entêtantes, jusqu’à ne plus en pouvoir. A ceci ne se mêlait que son souffle à peine audible et calmement régulier, puis la respiration erratique, des éclats de voix bourrus qui résonnaient dans son téléphone.

Aaah… Il l’avait presque oublié. Quelle idée d’appeler lorsqu’il s’apprêtait à forniquer ? Dédaigneux, il soupira, une chose était sûre avec Colt : il n’avait jamais été une flèche. Le problème c’était que s’il ne réparait pas ses conneries, à coup sur c’était lui prendrait dans la gueule au moment venu. Ce qui, en soit, n’était pas forcément agréable. Vivre avec une place à prendre et jouer le grand-frère quand c’était lui qui en avait eut le plus besoin. Soit, maintenant il savait se débrouiller seul, mais ça ne restait pas une raison pour le faire grandir trop vite –et lui donner ce fichu caractère.

Avec une répugnance qu’il ne pouvait contenir, il prit le téléphone comme si actuellement c’était la chose la plus immonde qu’il voyait et touchait avant de l’approche de son oreille, étudiant presque scolairement les sons qui en sortaient.

Le bruit des vêtements froissés qui se frottaient avant d’être arrachés, les deux respirations extatiques qui s’entremêlaient, pour l’une plus affolée. Les plaintes, les ordres et les sanglots, ça aussi, ça lui parvenait. Et Barrett n’était plus tout à fait sûr de ce qu’il entendait. Ce n’était qu’une idée ou son frère était sur le point de se faire violer –et pour peu il aurait pensé « par un autre que lui »… ?

S’il n’avait pas été d’une grande forme jusque là, il s’était soudainement réveillé, tapant du coude le phonogramme pour faire sauter la pointe, ne laissant s »emplir la pièce que part des grésillements désagréables. Le blondin avait à peine prit le temps d’enfiler des chaussettes et une veste assez épaisses que déjà il s’était retrouvé dans l’entrée, agressant ses oreilles de ce qu’il se passait dans ce bar dont il avait trouvé l’adresse vaguement griffonnée sur un papier volant.

D’une oreille relativement distraite, il écoutait le déroulement des choses, probablement des coups, des halètements et de la précipitation dans les gestes. Honnêtement, que faisaient les gérants de ce type de bar où il semblait fréquent que les petites salopes en manque de baise se faisaient racolées puis baiser sévèrement jusqu’à déborder de sperme par tous les trous ?

Dire qu’il courrait aurait été mentir –en tout cas, sa fierté se refusait formellement d’employer ce mot pour un crétin tel que l’albinos fade et sous évolué qui lui servait de frère. Mais il était précipité et ne prenait pas le temps de regarder autour de lui, quitte à bousculer tout ce qui se trouvait sur son passage, concentré dans la seule tâche de parcourir un bon morceau de la ville à pieds. Il allait l’entendre ce crétin déphasé.

Les rues se ressemblaient toutes et ne finissaient pas de se croiser inlassablement pour tenter de le perdre. S’il se concentrait, il pouvait déjà savoir qu’il se trouvait déjà près de l’endroit en question, mais il semblait y être déjà « trop tard ». Qu’à cela ne tienne, il aurait très probablement le dernier mot avec cet enfoiré de première –quitte à y laisser quelques traces de son ADN.

Les pleurs incessants et autres jérémiades de son abrutis de frères, dont les muscles semblaient fais en pâte molle, titillaient avec ardeur la glande de sa nervosité. Oh oui, l’autre enflure allait prendre pour son grade, dire qu’il n’avait pas été énervé pendant presque deux jours entiers… Quel gâchis. Furieux et teigneux, il était entré comme une balle dans la bâtisse miteuse.

Les lieux empestaient autant le tabac froid que la cigarette chaude et les verres s’entrechoquaient, nombreux, les uns contre les autres, faisant valser contre les glaçons des liquides à la couleur douteuse, en aucun cas alléchante. Les murs, dont il devinait la tapisserie vieille de cent ans, s’effritaient comme un ciment trop sec et le sol était sale de crachats et d’alcool collant dont la date à laquelle il avait été renversé datait surement d’avant sa naissance.

Il n’arrivait même pas à imaginer l’état des sanitaires en avançant à travers la seconde pièce –étonnement plus propre que la première- qui y menait. Le téléphone éteint à ne plus avoir de batterie, il se disait ne jamais avoir écouté de façon si appliqué ce qu’il se passait derrière une porte de cabinet. Et l’endroit était sale. Car en plus d’être imprégné des odeurs nauséabondes déjà présentes du bar, l’urine et la merde le prenaient au nez.

La nausée le frappait de la façon la plus désagréable qu’il soit, sentant monter la bile dans sa gorge jusqu’à lui brûler l’œsophage. Incapable de vomir, ravalant la substance dégueulasse et acide en déglutissant difficilement. Il fallait dire que le florilège de senteur aurait même fait pâlir un mort en état de décomposition largement avancée. Mais sans ciller une seconde, il avançait –il priait pour régler ça assez vite, ces fringues lui avaient coûté la peau du cul et il ne voulait pas que cette odeur rebutante s’y imprègne pour ne plus jamais en partir.

Ouvrant à la volée la bonne cabine, il ne s’inquiéta aucunement de l’état de son grand-frère avant de partir au quart de tour démolir la gueule de ce mec –qui en plus était drôlement moche. Le premier coup était parti seul, dans les côtes. Pas les flottantes malheureusement, il avait été trop précipité. Mais il connaissait avec justesse les endroits où il fallait frapper, pour cause d’avoir reçu assez de coups à ces endroits là.

Sans réfléchir une seule seconde, et surtout profitant de l’effet de surprise, et l’état d’ébriété avancé, il avait tapé au sternum pour lui couper la respiration –qui au passage semblait déjà bien hachée par ce qu’il avait entreprit de faire. Ses naseaux étaient écarquillés comme ceux d’un phacochère, et il se jugeait encore trop immonde envers ces bêtes. L’instant d’après il frappa deux coups, dans la tempe avec le coude pour le déstabiliser avant de terminer dans sa mâchoire, du coude opposé pour la disloquer. Une affaire rondement menée.

Tout s’était, comme toujours, passé très vite. Habitué à frapper à la moindre occasion, même un mec bourré ne pouvait plus résister –les drogués étaient de vrais coriaces, eux. Grondant hautement comme rarement il l’avait fait, il avait balancé sa veste sur cet idiot de frère qui tremblait tout son soûl en le regardant. Ce n’était pas comme s’il ne l’avait jamais vu frapper quelqu’un.

Où sans doute parce qu’il était arrivé un peu tard ? En tout cas, il semblait clairement effrayé et sans nuls doutes qu’il allait maintenant passer une nuit d’enfer à le faire rentrer, prendre la douche et pire de tout : le coucher dans son lit pour le « rassurer ». Pauvre petite chose. C’était con de boire, honnêtement, il hésitait entre lui faire la leçon maintenant qu’il avait le trou du cul dégommé, où le lendemain quand il réaliserait l’étendu des dégâts.

Encore dans la cabine, stoïque alors que l’autre mec bougeait comme une larve prête à rendre l’âme sur le carrelage gras et crasseux, il s’évertuait à garder son calme, tentant de faire de cette masse tremblante et parfaitement inintelligente quelque chose d’à peu près convenable sans éveiller les soupçons. Il ne voulait pas avoir de soucis avec ce mec qui, de toute évidence, ne semblait pas à son coup d’essai. Le genre d’ordure qui était un habitué de la cellule terne, qui trouvait même ça amusant. Un type à tuer.

Le pantalon en vrac, mais tenant par il ne savait quel miracle et le haut de son corps recouvert par sa veste –il n’avait vraiment pas intérêt à la salir sérieux… il le fit enfin sortir de la cabine, ne manquant pas d’attirer sur eux deux des regards lourds de sous-entendus. Qu’ils aillent tous crever la gueule ouverte, il irait chier sur leurs tombes.

L’eau qu’il voulut utiliser, pour le nettoyer, sortaient jaunâtre du robinet, tant pis. De toute façon il le laverait en rentrant cette espèce de grande asperge sans muscles. Ce n’était pas qu’il le faisait pour lui venir en aide ou quoi que ce soit. Mais son côté « maniaque du contrôle » lui avait ordonné de le faire, parce que personne n’avait le droit de maltraiter son frère à part lui, c’était la règle à ne pas transgresser. Puis il ne voulait pas que son père lui tombe dessus à dire il ne savait quelle connerie sur la fraternité et autres choses mièvres familiales, très peu pour lui.

Au moins, il se savait tranquille, pourtant, c’était bien un air dur et sévère qui le traversait alors qu’enfin il sortait du bazar pour respirer un air un peu moins touché par ce tas d’immondices. L’extérieur était tout de même plus sain –bien qu’il frissonnait de l’absence de sa veste. Il ne lui avait pas accordé un regard, ni même une seule parole jusqu’à maintenant, se contentant d’agir un peu comme un garde du corps l’aurait fait devant un quelconque roi de pacotille.

Maintenant il se sentait énervé et surtout frustré d’avoir frappé si peu. D’autant plus que les pleurs de l’autre enfant ne cessaient pas et il était loin de se sentir l’âme assez charitable pour le réconforter. Un chocolat chaud et un bain en rentrant, c’était tout ce que ce garnement méritait –et c’était déjà bien trop. Perturbé, il marchait rapidement, peu importait si Colt ne suivait pas le rythme, il avait froid et présentement c’était la seule chose qui avait de l’importance à ses yeux. Egoïste ? Tout à fait, il ne le niait pas.

Il ne restait à savoir, maintenant, que comment cette autruche allait réagir. Loin de lui l’idée de s’en inquiéter mais avoir un boulet dans son lit de façon indéfinie et intempestive n’était pas une solution qui lui plaisait. Et taper causette pour connaître son était ne lui plaisait pas davantage. Il aurait pu l’abandonner sans risquer de représailles qu’il l’aurait fait sans hésiter une seule seconde.

Mais ce n’était pas le moment d’y penser, à choisir, il préférait cette activité de gonzesse, à demander des « nouvelles » et papoter de ses sentiments et son ressentit… eurk dégoûtant. Haussant les épaules, il se contentait de fixer la route. Colt avait toujours été habitué aux viols, ce n’était pas un de plus qui allait lui changer la vie de toute évidence. La mine insatisfaite et hautaine, il retroussa la lèvre dans une moue terriblement agacée avant de soupirer autant que ses poumons lui permirent.

-T’vas bien, crétin ?

Barrett restait Barrett, et c’était évident qu’il n’allait pas changer une seule seconde ses habitudes sous prétexte que môsieur Colt ne se sentait pas bien, nauséeux ou n’importe quelle autre connerie de péronnelle. Et encore, il se trouvait sympa avec cette seule insulte, son palais brûler de l’insulter de tous les noms concernant sa non-défense face à l’assaillant. Il y aurait très certainement droit le lendemain. Par chance, il n’y avait pas trop de monde dans la rue parallèle à ce pub immonde, il se sentait déjà assez mal de s’afficher avec une loque pareille, il aurait manqué qu’une connaissance ne le voit ainsi…

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Mer 29 Avr - 6:29


Comme le serpent avait empoisonné la chair d'Eurydice, ses crocs s'enfonçaient toujours plus profondément dans ma peau, cherchaient ma chair, mon sang, refusant de me lâcher, répandant son venin dans chaque parcelle de mon corps qu'il pouvait trouver. Mes pleurs et mes cris résonnaient pourtant bien dans la pièce comme une plainte suffocante dont on on ne pouvait que se souvenir, mais lui y était sourd. Insensible. Aussi dur qu'un rocher que même les flots les plus tumultueux ne parvenaient à déloger. La furieuse envie de lui échapper dévorait tout mon corps et je sentis mes mains qui se posaient contre son torse comme pour le repousser. Seulement mes forces s'étaient enfuies au moment même où l'alcool avait commencé à glisser le long de ma gorge, le fuyant comme la peste. En arrivant je n'avais pas fait attention à l'odeur pestilentielle qui régnait ici, mais maintenant j'avais le temps, et j'avalais de grandes gorgées d'air qui n'en était pas vraiment. L'odeur était insupportable, me donnait les larmes aux yeux, et faisait trembler mes jambes comme jamais encore elles n'avaient tremblé. Oh si, en fait elles avaient déjà tremblé comme ça en présence de mon père ou de mon frère, qui n'hésitaient pas à me passer dessus quand il le fallait et jamais de manière très gentille. Ils me faisaient parfois tellement peur que j'en étais venu à créer une peur panique d'eux qui ne ressortait que la nuit, dans mes rêves, qui ne me laissait jamais tranquille. A contrario cependant, je savais que seule la présence de mon frère, et j'essayais de ne pas le montrer, me calmait et me faisait passer de bonnes nuits. Cet inconnu allait s'immiscer dans mes rêves, je le savais déjà, et il allait me falloir les bras de Barrett pendant un certain temps, doublés de son caractère de cochon. Autant dire que ça promettais encore des larmes et des cris.

Un grognement fou passa alors la frontière de mes lèvres et je tentais de me débattre vraiment, de lui montrer que je refusais totalement de m'offrir à lui, seulement c'était son but depuis le début, me baiser. Je n'avais pas compris parce que j'étais noyé dans les limbes de l'alcool, ne me dépêtrant pas de cet épais voile qui recouvrait mon monde, ne cherchant même pas à m'en défaire sur le moment. J'avais été replongé de force dans la réalité et le résultat n'était pas beau. Des hauts-le-cœur soulevaient maintenant ma cage thoracique et je cherchais à rejoindre la cuvette, ayant plus qu'envie de rendre ce que j'avais dans le ventre, la nausée enserrant totalement mes pensées les plus profondes. Et j'attendais Barrett avec l'infime espoir qu'il vienne bientôt me chercher, qu'il se préoccupe un tant soi peu de moi s'il avait un minimum d'affection. Non de l'affection était beaucoup demander. S'il avait un minimum d'attention pour ce jouet qu'était mon être entier et qu'il aimait tant briser. Je préférais me faire briser mille fois entre ses mains plutôt qu'entre celles d'un parfait inconnu. Qu'il joue avec moi autant qu'il veule. Qu'il me casse tout entier. Mais qu'il ne me laisse pas avec ce mec, c'était tout ce que je désirais.

Mes lèvres prononçaient son nom et les sanglots qui remuaient dans ma gorge n'affectaient en rien le but de l'autre. Il avait arraché mes fringues, baissé mon pantalon jusqu'à mes chevilles, et prit ma tête entre ses grandes mains pour me la claquer sauvagement contre la paroi de la cabine. Un cri de douleur, une brume nouvelle envahit mon cerveau, du sang coulant sur mes cheveux alors que de mes lèvres entrouvertes passait un souffle difficile, chaotique et douloureux. C'est alors qu'il se décida à me retourner, me collant face contre la cloison, écrasant ma tête contre tandis que son autre main maintenait les miennes. J'eus envie de lui donner un coup de pied, seulement la douleur de la pénétration - ce connard avait quand même pensé à mettre une capote, dans mon malheur il y avait quelque chose de bien - m'empêcha de bouger, transit mon corps. Les sanglots s'accentuèrent, je ne cherchais pourtant plus à me débattre, supportant comme toujours dans le silence, le laissant me bourriner et prendre son pied sur ma soumission. Je n'avais plus envie que Barrett arrive finalement, je ne voulais pas qu'il me voit comme ça, littéralement écrasé par un salopard contre un mur, qu'il voit ma faiblesse, mon incapacité à bouger et à me défendre. Le sort en avait destiné autrement car un éclair blond apparut dans ce qu'il restait de mon champ de vision, limité par l'alcool et ma blessure qui continuait de saigner.

Le premier coup l'obligea à se retirer. Il griffa mes hanches à sang au passage, cherchant à me retenir, mais comme une anguille je me glissais hors de sa portée pour aller me recroqueviller, accroupis, en me serrant contre la cloison de la cabine contre laquelle je m'étais brutalement cogné en m'échappant de sa prise, mon regard emplis de frayeur fixant mon frère qui ne se gênait pas pour mettre une bonne raclée au mec. Je me demandais un instant pourquoi il était venu, et j'avais très envie de le lui demander. Mais même lorsqu'il m'eut jeté sa veste dessus, que je l'eus enfilée pour remplacer mon tee shirt tout crade, que j'eus enfilé tant bien que mal mon pantalon, et que nous fûmes sortis de cet endroit infernal, je ne pus prononcer un seul mot. Je me contentais de le suivre d'un pas bancal, incertain, comme si le geste de la marche n'était pas un automatisme, comme si j'étais redevenu un petit enfant à qui l'on apprenait à avancer sans se tenir sur le bord de la table. Tout mon corps était lourd, j'avais pris une cinquantaine de kilos en une soirée, du moins c'est ce que l'on aurait pu penser.

Dans un grognement à peine audible du moins pour mes oreilles sifflantes, je trébuchais au moins pour la troisième fois depuis que nous avions quitté la bâtisse. Je n'arrivais plus à lever mes pieds, à suivre son rythme. Mon sang avait cessé de s'échapper mais j'en avais perdu assez pour que la tête me tourne encore plus et que je ne sache plus où je posais mes pieds. Je me sentis alors sur le point de m'évanouir, ou c'était l'impression que mon état de faiblesse me donnait, je l'ignorais. Ma gorge était en tout cas en feu et mon estomac semblait dangereusement. Aussi lorsque sa question me parvient dans le lointain, je lâchais un simple couinement, crispant une main sur mon ventre, mes repères me quittant doucement. Je savais juste que je ne devais jamais fermer les yeux pendant un malaise, au risque de me perdre totalement et de paniquer. L'une des règles de survie que l'on m'avait inculqué quand j'étais plus jeune si on pouvait dire, l'une des seules. Il était impératif de pouvoir garder ses repères pour ne pas sombrer totalement et ne pas entrer dans un état de panique conséquent. Or en ce moment même si je fermais les yeux, je savais que je ne m'en sortirais pas, que mon corps allait finir par se laisser aller à la gravité et se laissait tomber sur le bitume froid et dur. Que Barrett ne me porterait pas non plus parce que j'étais plus grand que lui donc plus lourd, que malgré le fait qu'il cherche à jouer les grands, il n'était qu'un petit enfant totalement perdu. Que j'avais abandonné à mon arrivé, qui n'avait jamais eu de grand frère digne ce nom.

"Je... Ca va.. pas.."

Furent les seuls mots qui réussirent finalement à quitter la protection de ma gorge. Non ça n'allait pas, et sans chercher à me plaindre et à essayer de l’apitoyer, je le mettais juste au courant que je pouvais m'écrouler à tout moment. J'avais un peu froid d'ailleurs, mais lui aussi ne devait pas avoir bien chaud. Il m'avait prêté sa veste après tout... Je n'étais qu'un boulet de grand frère, oui, un sale boulet qui ne méritait pas de vivre. Aussi lorsqu'une larme bondit de mon oeil pour se jeter sur ma joue et éclater au sol, je me stoppais, m'inclinant un peu, autant que ma nausée, que la douleur me le permettait.

"Merci... D'être venu me chercher.."

Je repris ensuite notre route sur mes pieds toujours aussi hésitants, effleurant sa main au passage de manière à le remercier de nouveau, le visage blanc comme de la craie et les lèvres tremblantes sous l'envie imminente de me mettre à pleurer. J'étais un faible je le savais, mais la sensation de n'être qu'un jouet sexuel qui ne serait jamais apprécié que pou son cul était de plus en plus forte et présente en moi. Ce soir avait confirmé ce que je pensais déjà. Ce soir était la goutte d'eau qui n'aurait pas du tomber dans le vase, qui le faisait maintenant déborder. L'envie de me blottir dans ses bras m'oppressa un instant et je le fixais longuement comme pour qu'il se rende compte de ce que je désirais plus que tout au monde en cet instant. Et le barrage pour ravaler mes larmes commençait à s'effriter, je refusais de lui montrer cela. J'avais besoin de me planquer, dans le creux de son cou s'il le fallait, mais qu'il ne les voit pas.

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Lun 18 Mai - 22:00
Ce monde était injuste, faussé, insensé mais terriblement tentant. Voilà, c’était exactement ça : de la tentation à l’état pur à tous les coins de rue, ou dans tous les bars. Quel genre de crétin allait trémousser son cul, boire jusqu’à frôler le coma et se laisser violer par la plus basse des espèces ? Non, en réalité : qui était assez con pour boire à ce point là ?

Bon, il ne le cachait pas, il s’était déjà bien bourré la gueule autrefois, et même encore maintenant. Jusqu’à en vomir, trois fois, toujours. Mais jamais –ou très rarement- il se montrait à quelqu’un d’autre que son ami dans ces cas là. Là n’était pas la question. Il avait perdu foi en l’espèce humaine et il n’y avait rien de plus révoltant que de s’en rendre compte dans l’odeur aigre du sexe, du sperme et de la sueur. Cet autre type était un animal sans raison ? Certainement… Parfaitement décourageant.

Habitué à lire depuis toujours, il ne parvenait pas à stopper le flot de pensées qui le traversait, qui piquaient son cerveau jusqu’à consumer chaque parcelle, jusqu’à faire de l’état de son frère sa priorité pour le moment. Vraiment… merci d’être venu… ça aurait été pire pour eux trois si ça n’avait pas été le cas. Prier, il ne le faisait pas, mais s’il devait le faire actuellement, il demanderait à tous les coups de se faire bénir sa vie et son esprit ce soir. Voire même de se faire pardonner tous ses pêchers, dieu merci, il n’était pas croyant. Son père… Trigger dans l’histoire, qu’allait-il penser de tout ça ? Honnêtement, déjà être allé au secours de cette cruchasse décolorée était en soit un véritable miracle, mais prendre soin de lui en supplément… Non merci. Il le foutrait dans le lit et tant pis s’il venait à avoir une infection de l’anus ou ce genre de connerie –tant que ce n’était pas une maladie sexuellement transmissible…

Sérieusement… qu’est-ce qu’il allait lui sortir dans les jours à venir ? Il serait seul à pleurer, à se dire que c’était à cause de lui –et il n’aurait pas tout à fait tord. Mais si les Hommes étaient pervertis, ce n’était pas à cause de lui mais plutôt de leur service trois pièces qui faisait trop souvent office de cervelle. Soit, après, quoi ? Ah oui, détruit, anéanti, sale, des journées sous la douche, à se gratter la peau à sang pour faire partir ces marques invisibles. Il devrait sans doute lui dire qu’il finirait par comprendre, par parler et se dire que c’était juste le monde qui était mal foutu, juste parce que c’était réellement le cas. Merde, connard avec des muscles en carton, là !

Ensuite… il se cacherait. Pour pleurer et prier en se disant que ça serait la seule chose qu’il lui reste. Il resterait prostré dans son coin à y réfléchir et ressasser, demandant avec ferveur à quelque chose qui n’existe pas de panser ses plaies, de lui faire oublier. Tous les garçons sont des salauds, toutes les filles sont des salauds. Ainsi va la vie, la vie si chienne qui ne pardonne rien. Ainsi vont les vies, vides et tristes qui ne parlent à personne.

Et probablement que personne ne voudra le croire, personne ne voudra l’entendre à part un psychiatre, et encore il passerait des séances à s’engraisser sur le mal-être d’un adolescent fragile, bande de connards inutiles. Ouais, Barrett pourrait très bien entendre, mais pas écouter. Ca serait surement le trahir de ne pas y prêter attention. Barrett, trahir son frère ? Ca ne serait pas la première fois, et ça ne lui faisait pas plus d’effet qu’une mouche qui pète dans le désert du Sahara.

Ouais, seulement, il fallait écouter ce genre d’histoires un peu hasardeuses, parfois différentes et sorties de nulle part. Le plus important était où alors ? Dans le fait que lui le croirait sans savoir, sans pouvoir, sans vouloir le consoler ? Le consolerait-il seulement même juste avec sa présence ? Ou il irait pleurer dans les bras de son père, de leur père. L’accepter une bonne fois pour toute comme étant un membre de sa famille explosée, recomposée ? Non, il n’irait pas jusque là, alors le blondinet serait surement à blâmer. Colt dirait aussi, peut-être, qu’il lui avait fait confiance, même s’il n’avait pas cru qu’il serait venu. Et il dirait aussi, encore une fois une simple supposition, qu’il aurait dû être là, avec lui, pour lui. Mais merde au fond… il n’en avait aucune envie !

Pourquoi était-il venu au juste ? Le sauver, l’aider ? Se dire qu’il était le seul à pouvoir le malmener. Etre le seul à avoir tous les droits sur lui, parce qu’il le haïssait, mais pas assez pour qu’il soit le jouet d’autres. Certainement qu’il voudrait que son petit frère fasse pleinement partie de sa vie, voire même être le seul, et le centre de sa vie.

La vie… qu’est-ce qu’il en savait ? Ce qu’il fallait en croire ? Bordel, il n’en savait fichtre rien. Il l’avait surement trahit en réalité, et il aurait pu être là, il aurait été là s’il n’y avait pas eut les examens. Mais il ne se sentait pas fautif, ni héros. Il avait frappé un mec et basta. Alors pour les peurs, les pleurs, les pudeurs de son frère, il s’était dit que c’était tant mieux, que, pour une fois, il avait sans doute bien agit. Et ce sentiment d’avoir bien fait lui filait la nausée. Ou l’odeur du sang, ou encore une fois le sperme et la sueur. Le vomit et l’alcool, répugnant.

Le pire et le meilleur lui revenaient dans les plus mauvais moments, dans les plus mauvaises nuits. Ouais, à l’instant il aurait voulu disparaître, se cacher quelque part, boire et fumer, se faner et peut-être se droguer –il n’avait encore jamais essayé. Ce n’était pas spécialement tentant. Mais ses pensées le percutaient sans qu’il soit capable de faire quoi que ce soit pour les stopper. Arrêté en plein milieu de la rue, il regardait la vie passer comme un bus à prendre, sans qu’il soit capable de l’effleurer de la main. Merde, pourquoi le temps était-il arrêté ?

Et s’il pouvait juste rester ici, son regard pâle, vide ? S’il pouvait juste avoir le courage de dire ce qui n’allait pas, de hurler jusqu’à se brûler les poumons et mourir de manque d’air ? Ici, les vies ne valaient rien de toute façon. Ce n’était certainement pas un moment de déprime, surement une libération. Il se sentait même mieux, mais sans en profiter, il était juste glorieux, pas victorieux. Et quand il croisait la pâleur de son frère, la main étroitement serrée sur la sienne, il ne voyait que la vie et du sang, mensonges. Ses rêves, et maintenant juste du vent, comme toujours tout était trop rapidement brisé.

-Merci, Colt. Reposons-nous un peu ici.

S’asseoir par terre, le dos contre la brique froide et suintante de pisse d’une ruelle froide avec l’odeur de tabac froid qui prenait à la gorge et rongeait chaque cellule pour s’y incruster sans jamais en sortir. Là, juste là, les jambes pliées, soupirant à plusieurs reprises, comme à bout de souffle sans n’avoir rien fait.

« Que ces stupides pensées cessent. » Non, il ne voulait pas grandir et passer de cap. Honnêtement, il voulait juste se rouler à terre et taper des poings. Pourtant, ses longs bras n’étaient capables que de se resserrer autour du torse de son frère qu’il avait forcé à s’asseoir là, fatigué de la vie, fatigué de cette soirée qui n’avait pourtant duré pas plus de cinq minutes –chrono en main.

Les longs doigts jouant dans les mèches blanches. Que devait-il dire pour le réconforter maintenant ? Des choses… gentilles et sincères ? Ouais, et il croirait quoi après ? Ce n’était pas avec ce genre de flatterie qu’on grandissait dans la vie, mais plutôt avec des grands coups de pompes dans la gueule. De toute façon, il ne s’en souviendrait pas le lendemain, et avec encore plus de chance, l’autre imbécile de perche sans muscles perdrait connaissance d’ici très peu de temps.

-Colt, c’est marrant quand tu ris, tu as une façon bizarre de le faire. Disait-il en le serrant dans ses bras, pour lui enlever sa douleur. Tu as besoin de le savoir maintenant, et tu auras oublié bientôt. Dans la chambre, au fond d’un tiroir, j’ai une photo de toi, je n’y touche jamais et je ne sais même pas à quoi tu ressembles dessus. Elle est juste là. J’ai un carnet noir dans lequel j’écris parfois, tout ce qui me passe par la tête comme ce soir. Mais tu n’en sauras jamais rien.

Qu’est-ce qu’il faisait maintenant ? Des trucs de gonzesse ? Merde ! Il se tut, pourvu que cet imbécile n’ait rien entendu, il en avait déjà assez d’être prit, juste pour quelqu’un de sympa parfois. Non, il ne l’était pas. Egoïste, borné, têtu, manipulateur oui. Pas sympa, pas de sentiments, pas de remords, jamais rien de ça. Bannir l’amour, surtout depuis ses six ans. Son père aurait du être le seul à recevoir un tant soit peu de compassion –et autant dire que Trigger était certainement la seule personne qu’il aimait à ce point. Non, sa mère aussi.

La pluie fine termina par les mouiller jusqu’à l’os, demain, ils seraient tous les deux malades et c’était grave chiant cette merde. Merci pour lui, il aurait le temps de se remettre avant les examens. Encore et toujours, s’en sortir pour avoir une vie confortable. Loin de ça… loin de tout ce qu’il venait de ce passer ce soir par exemple. S’évader. Sa tête, lourde, bourdonnante, tomba sur son dos, ronchonnant vaguement alors que la fatigue s’emparait maintenant de son corps.

-Rentrer…

Il répéta un petit moment sa litanie comme pour se donner le courage de s’exécuter mais rien ne venait. Tant pis pour l’heure, tant pis pour ce que Trigger dirait au matin en les voyant rentrer dans cet état lamentable.

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Mar 19 Mai - 10:25


Au fond de moi, le bruit des basses continua de résonner. Je ressentais une sorte d'angoisse omniprésente, quelque chose que je n'aurais su expliquer et qui pourtant, était bien là. Il me fallut un moment pour comprendre que ce n'était pas les basses mais mon cœur, mon cœur qui battait comme un forcené, qui m'oppressait d'une façon plus que douloureuse, mon cœur qui battait beaucoup trop vite alors qu'il n'aurait pas du. Je ne savais où regarder, si je devais poser mes yeux d'émeraude sur Barrett, ou au contraire sur les choses, les objets, les bâtiments qui nous entouraient. Mais tout était flou dans mon monde fait d'alcool et de douleur, tout était insaisissable pour mes yeux et je ne savais quoi faire de ce sens troublant qu'était la vue. Un long soupir passa mes lèvres glacées, et j'essayais en vain de refouler les larmes qui étaient montées dans mes yeux dans l'espoir sans doute, de me troubler encore plus, de me rappeler à quel point j'étais faible et chétif face à lui, à eux.

Heureusement pour moi, Barrett proposa que l'on s’assoie. A peine fut-il assit contre les briques, que je vins me recroqueviller contre son torse chaud, fermant les yeux, mes mains accrochées, je crois, à son haut tandis que de mes yeux les larmes commençaient à s'échapper silencieusement. A l'esprit me vint une chanson française nommée Belle, mais je la repoussais, elle, n'en voulant pas car je savais qu'il serait impossible pour moi de me calmer. Toutefois les images passaient devant mes yeux fermés. Je voyais clairement les visages qui la chantaient, j'entendais les voix, et imperceptiblement, je commençais à fredonner. C'était comme un murmure, une simple caresse, et des mots français qui passaient pour se perdre dans le haut de mon frère, des murmures à peine gâchés par mes sanglots longs que je maîtrisais sans problème pour ne pas qu'il les entende. Après quelques minutes, je fis une pause, essuyant mes yeux d'une main tremblante, avant de reprendre la chanson dans une autre langue, une langue qu'il pouvait comprendre parfaitement puisqu'elle était notre langue natale. Et sans que je le veuille, les mots sortirent avec plus de force, bien que je sache parfaitement que même si chanter me donnait de la force sur le moment, demain ça ne serait plus la même chose. Demain, je ressentirais comme souvent la sensation immonde d'avoir été sali, et le regard des gens changerait encore sur moi, ils ne me verraient que comme une pute aguicheuse qui recherchait les coups de bite, ils penseraient que ma douleur est irréelle et fausse. Je le savais mieux que quiconque, quoique peut-être que Barrett connaissait cela autant que moi. Nous étions à mettre dans le même panier.

Mais les mots pensaient pour le moment mon cœur endolori, et me permettaient de reprendre quelque peu contenance, bien que j'eus pensé qu'ils ne m'aideraient qu'à sombrer un peu plus. Peut-être était-ce également sa chaleur me berçant qui réussit à apaiser mon esprit. Je finis par quitter la chaleur de son torse juste pour me réfugier dans le creux de sa gorge. Une fois que mes larmes se furent entièrement taries, je fis en sorte de me redresser totalement, de m'arracher à lui et à son étreinte brûlante, à sa main dans mes cheveux blancs. J'avais l'impression de faire un effort bien trop grand pour mon pauvre corps endolori. Je ne pu empêcher un frisson de parcourir mon dos, de remonter le long de mon échine, et de se perdre encore dans ma nuque. Mes dents quant à elles vinrent s'égarer sur mes lèvres pour les mordre dans un soupir douloureux et mes mains, mes mains blanches, glacées et tremblantes, mes mains à la peau douce comme de la soie, mes mains qui ne cherchaient qu'à s'imprégner de l'odeur de mon frère.

"Tu veux rentrer Ba..?"

Je soupirais en revenant me mettre contre son torse. Mes propres sanglots, mes cris, mes gémissements de douleur, les soupirs de bien être de l'autre salaud, résonnaient à mes oreilles comme une infernale cacophonie. Un sanglot explosa de nouveau dans ma gorge et mes mains se posèrent sur mes oreilles comme pour empêcher les sons d'y parvenir. Le sentiment d'impuissance monta toutefois en moi quand je compris que ça ne changeait rien, je refermais mes bras sur le corps de mon frère en fondant en larmes, haletant avec brutalité. La crise était là, tout près. Mon crâne semblait sur le point d'exploser, mes oreilles sifflaient et ma vue était trouble. Sous la douleur, l'inquiétude et la peur, du sang commença à couler de mon nez et je m'effondrais quelques secondes plus tard dans l'inconscience.

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